Ligne Antananarivo – Réunion Verdict à Paris sur le dossier Corsair

Corsair pourrait il continuer à desservir l’axe Antananarivo – Réunion ? Les autorités malgaches et françaises vont trancher sur cette affaire demain à Paris.

Le conflit entre Air Madagascar et Corsair entre dans une phase décisive. Les autorités malgaches et françaises devront trancher sur cette affaire ce mercredi à Paris lors des consultations aéronautiques. Les deux compagnies se sont livrées une vraie bataille aérienne sur la desserte de la ligne Antananarivo – Réunion. La compagnie malgache pointe du doigt la filiale de Tui de « céder à la pratique des prix de dumping » pour cette liaison. Une pratique qui a des impacts négatifs sur la caisse d’Air Madagascar avec une perte estimée à 800 000 dollars.

Devant cette situation, le gouvernement malgache a usé de sa souveraineté économique et a mis sur la touche la compagnie Corsair en remettant à cause ses droits de trafic sur cet axe. C’est le ministre des Transports et de la météorologie, Ralava Beboarimisa, lui-même qui l’a annoncé devant la presse en début du mois de décembre. « Certes, nous nous devons de nous ouvrir et de coopérer avec les autres compagnies en mettant en œuvre l’open sky qui est déjà effectif. Mais en tant que ministre, je me dois de protéger la compagnie nationale. Corsair ne peut plus vendre cette liaison », a-t-il déclaré le 21 décembre lors d’une rencontre avec la presse.

La compagnie Corsair ne baisse pas les bras devant cette prise de position du gouvernement malgache. Elle revendique le maintien de ses droits de trafic sur cette ligne. «  L’ouverture de la desserte régionale en 2017 a permis à plus de personnes de voyager à des prix compétitifs. Corsair souligne les risques de retour à une situation de monopole qui aurait pour conséquences une baisse du trafic et une augmentation des prix », indique la compagnie française dans un communiqué.

Suspense

Malgré tout, Corsair continue encore d’opérer sur cet axe. Elle assure une liaison hebdomadaire entre l’île de La Réunion et Antananarivo, et ce depuis avril 2017. L’ouverture de cette desserte fait suite à un accord bilatéral entre la France et Madagascar.  « Le 30 mai 2016, la République française a informé la République de Madagascar avoir désigné la compagnie Corsair pour exploiter les services aériens sur la route régionale conformément à l’accord relatif aux services de transport aérien France – Madagascar du 21 juillet 2005. Le 20 octobre 2016, Corsair a obtenu des droits de trafic de la part de l’Aviation Civile de Madagascar pour desservir l’axe Réunion– Antananarivo, avec l’ambition de positionner deux vols Réunion – Antananarivo hebdomadaires et d’apporter dix sept mille passagers régionaux supplémentaires par an », soutient la compagnie dans son communiqué.

Aux yeux d’Air Madagascar, les résultats de l’ouverture de cette liaison par son concurrent n’ont pas donné les résultats escomptés. « Après une saison d’exploitation, l’apport en touristes supplémentaires de la Réunion est très en deçà de l’objectif fixé. Ce trafic est opportunément complété par du trafic provenant du marché malgache, détourné essentiellement d’Air Madagascar. Le coefficient de remplissage d’Air Madagascar est ainsi tombé à 29% en six mois, contre 53% auparavant », a souligné le partenaire d’Air Austral dans un communiqué publié le 12 février.

Corsair de répliquer que « la ligne Réunion-Antananarivo est utilisé majoritairement par des voyageurs réunionnais souhaitant faire un séjour à Madagascar (64%) et les passagers en provenance de France métropolitaine (26%), les passagers malgaches représentent quant à eux moins de 10% des voyageurs transportés par Corsair. Il n’y a donc aucun détournement de la clientèle d’Air Madagascar ». Verdict donc à Paris demain.

Lova Rafidiarisoa

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