Newsletter JUILLET 2018

PARIS AIR FORUM : Les questions sont posées, par Délia BERGONZI, Directrice Générale d'ECTAR

La cinquième édition du Paris Air Forum s’est tenue le 21 juin dernier sur le toit de la Grand Arche, coorganisée par le groupe ADP et le journal La Tribune. Cette journée, trop courte, a été l’occasion pour les professionnels du secteur et de la Défense de se retrouver autour du thème : Aviation Connectée et territoire intelligent. Dans la lignée des Assises du transport Aérien lancées par Mme Elisabeth Borne, dont on attend les résultats avec impatience, voire avec un peu d’inquiétude, ce rendez-vous avait une saveur toute particulière.

Les questions sont posées !
- Comment absorber un trafic aérien qui double tous les quinze ans ?
- Le modèle low-cost long courrier a-t-il un avenir ?
- Quel est l’avenir du transport aérien français ? ...

Des pointures du transport aérien, mais aussi de la Défense étaient là pour en débattre. Et nous n’avons pas été déçus car l’ambiance étaient au « parler clair ».


Je me permets de reprendre trois chiffres qu’un modérateur a bien voulu partager avec l’auditoire, et qui me semblent particulièrement pertinents pour admettre qu’après la réflexion, l’heure est à l’action :
- Le pavillon français ne capte que 10% de la croissance de son marché domestique ;
- En 2017, la croissance du transport aérien français accuse 2 points d’écart avec celle du transport aérien européen ;
- Depuis 2000, le pavillon français a perdu 17 points de parts de marché.


Au moment où la compagnie nationale française, si l’on peut encore lui donner ce qualificatif, traverse une tourmente qui rappelle les heures sombres de son histoire, il est certain que des décisions doivent être prises pour améliorer notre compétitivité. La France a des atouts mais encore faut-il qu’elle les joue. Des charges sociales excessives, une surinterprétation du réglementaire, un esprit « bureaucrate à la française » et des réformes internes d’entreprises qui tardent malgré la concurrence externe qui gagne du terrain. Voilà quelques-uns des grands maux qui gangrènent le secteur.


Cependant, la France, territoire attractif pour les étrangers grâce à son potentiel touristique indéniable, se réveille. « France is back ! ». Il n’y avait qu’à entendre toutes les start-ups françaises qui ont présenté leurs produits et services pour accompagner la numérisation croissante du secteur pour s’en convaincre.


Comme diraient deux acteurs du low-cost français présents au Forum, il faut garder un esprit de conquête pour s’adapter au monde du transport aérien en constante évolution. Ne l’oublions pas, le secteur contribue pour 3.2 % du PIB Français. Pour que sa croissance soit durable, il est de la responsabilité de l’Etat de créer les conditions réglementaires idoines et de celles des autres acteurs, publics et privés, de repenser ses modèles pour renouer avec la compétitivité et la productivité. L’agilité sera aussi un des facteurs clé du succès.


Ces conférences gratuites, et nous en remercions les organisateurs car elles sont de qualité et ainsi accessibles au plus grand nombre, sont une pierre de plus à la construction collaborative d’un avenir prometteur du transport aérien français.

 

Délia BERGONZI

DG ECTAR