Newsletter juillet 2015

Le mot du Président
Cheick Tidiane CAMARA

Chers Amis,

Bonjour

Bientôt  les vacances et avant de m’y consacrer, je voudrais vous soumettre trois sujets qui ont retenu mon attention le trimestre écoulé et qui mériteraient d’être traité plus en profondeur, la saison prochaine.

1/ IATA Africa-Middle East Aviation Day

Dans son intervention au cours de cette réunion qui s’est tenue à Nairobi le 23 juin dernier, le Directeur Général de l’IATA a fait référence à un rapport réalisé par un cabinet indépendant sur les avantages de la libéralisation en Afrique.

Le communiqué n° 44 de l’IATA du 07 juillet 2014 nous en dit plus.  Je le  cite : « Le rapport produit par la firme indépendante et expérimentée d’experts-conseils en économie InterVISTAS résume les avantages qui seraient obtenus si douze nations africaines mettaient en œuvre la Décision de Yamoussoukro de 1999. Ces pays sont : l’Algérie, l’Angola, l’Égypte, l’Éthiopie, le Ghana, le Kenya, la Namibie, le Nigéria, le Sénégal, l’Afrique du Sud, la Tunisie et l’Ouganda. La Décision de Yamoussoukro engageait les 44 pays signataires à déréglementer les services aériens et à ouvrir les marchés aériens régionaux à une concurrence transnationale. La mise en œuvre de cette entente, toutefois, a été lente et les avantages ne se sont pas encore fait sentir.

« Ce rapport démontre au-delà de tout doute possible l’extraordinaire potentiel qui s’offre à l’aviation africaine si elle se libère de ses chaînes. Les services additionnels générés par la libéralisation entre seulement 12 marchés entraîneront la création de 155 000 emplois et une augmentation du PIB de 1,3 milliard de dollars annuellement. Les restrictions inutiles à l’ouverture de routes aériennes privent chaque année cinq millions de passagers de la possibilité de voyager entre ces marchés. De plus, l’emploi et la croissance économique ne sont que la pointe de l’iceberg lorsqu’il s’agit des bienfaits de la connectivité aérienne. L’aviation est une force en faveur du bien et elle fournit une aide importante à l’Union africaine dans sa mission de créer une Afrique intégrée, prospère et pacifique », a déclaré M. Tony Tyler, directeur général et chef de la direction de l’IATA » fin de citation.

Je n’ai pas encore eu loisir de lire ce rapport, aussi je m’abstiendrai de toute appréciation quant à ses conclusions. Cependant du peu que je vous livre ci-dessus, je me pose les questions suivantes :

  • Quels sont les 44 pays signataires de la Décision de Yamoussoukro ? (le chiffre répété à plusieurs autres occasions, notamment dans l’intervention du Directeur de l’IATA justement à Nairobi, ne semble pas relever d’une erreur de frappe). A ma connaissance la DY est exécutoire dans tous les états membres de l’Union Africaine (54 avant la création du Soudan du sud)  car elle est adossée au Traité d’Abuja  exécutoire dans tous ces pays.
  • La  Décision crée-t-elle un marché unique africain comme semble le sous-entendre ce rapport ?  De ce que j’en sais,  nulle part dans la lettre de la DY, il n’est fait mention de marché unique. On pourrait, tout au plus, en prenant une grande liberté avec le sens du texte, en  déceler une subliminale intention  dans son esprit.

Pour le reste, j’attends de prendre connaissance de l’entièreté du rapport,  avant de forger mon opinion sur sa pertinence

La libéralisation en Afrique intéresse, décidément beaucoup de monde. Exemple : lors de la dernière  Assemblée de l’IATA au Cap,  le continent a eu droit à une leçon sur les bénéfices de la libéralisation par le  PDG de Qatar Airways, Akbar Al-Baker. Je cite Algérie Presse Service : « Il est très important que les Etats africains revoient leur politique de la porte fermée. Il est important parce que l’aviation crée des emplois et contribue au développement du tourisme».

Pour ceux qui doutaient encore de la volonté des « majors »  internationaux d’investir le marché africain, il est peut-être temps, qu’ils révisent leur opinion.

2/ les subventions publiques aux compagnies aériennes

Une polémique  s’est instaurée entre les compagnies aériennes du Golfe et leurs rivales occidentales concernant les aides que les unes et les autres recevraient directement ou indirectement de leur état.

Après Air-France et Lufthansa, une accusation plus précise est venue  d’American Airlines, Delta Air Lines et United Airlines. En effet, ces dernières ont très formellement reproché aux  trois compagnies du Golfe d’avoir bénéficié  42 milliards de dollars de subventions en dix ans.

Réponse du berger à la bergère, Etihad a publié une étude du cabinet Risk Advisory Group, qui chiffre à 71,48 milliards les avantages publics  reçus  par les trois compagnies américaines,  grâce au  chapitre 11 (la loi sur les faillites aux USA) et au renflouement de leur fonds de pension par l’état américain.

Qui a raison et qui a tort ? À mon avis il y a du vrai de chaque côté et je me promets de revenir  sur le sujet

3/ Le salon du Bourget

Le plus grand salon de l’aéronautique du monde a encore été un grand succès populaire, il a même battu cette année son record de fréquentations avec 351.000 visiteurs soit plus 11% par rapport au dernier.

Nous avons comme d’habitude assisté au  « mano à mano » des deux grands constructeurs (Airbus et Boeing) en matière de carnet de commandes avec un léger avantage à l’avionneur américain.

La seule compagnie subsaharienne à y avoir fait l’objet d’attention des médias professionnels, fut encore une fois  Ethiopian Airlines avec sa  commande de six avions 787-8 Dreamliner de chez Boeing.

Je vous souhaite de passer de bonnes vacances d’été.

Vous lirez dans cette livraison un article très intéressant de Jean Luc BERGONZI, expert en communication digitale, sur les retours attendus des réseaux sociaux pour les compagnies aériennes s’ils sont bien pris en considération, puis vous trouverez des nouvelles d’ECTAR, les prochains séminaires de l’IFURTA à la rentrée et surtout nos dernières offres de formation et accompagnement à destination des autorités d’aviation civile.

Bonne lecture !

Cheick Tidiane CAMARA
Président du Conseil d’Administration ECTAR

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