Newsletter janvier 2016

Les indicateurs de performance marketing en compagnie aérienne

 

Transport aérien et développement durable : des outils pour manager

 

 

 

Un mois après la COP 21 et l’engagement international des 190 pays réunis pour limiter des facteurs contributifs au réchauffement climatique, l’heure est aux méthodes et outils permettant de rassembler les visions et énergies de changements pour atteindre les objectifs engagés.

 

Notre responsabilité d’agir, ce qui se nomme la Responsabilité Sociétale en regard du Développement soutenable est désormais renforcée.

 

Ce premier article rappelle les enjeux développement durable du transport aérien  et, éclaire les principes du développement durable et de la responsabilité sociétale pour présenter la méthode et un outil par lesquels toute organisation  peut identifier son programme d’actions au sein de la chaine de valeur du transport aérien.

 

 

 

Le transport aérien connecte le monde. C’est un moteur essentiel de la croissance économique mondiale qui génère plus de 60 millions d'emplois et 2,5 billions de dollars en produit intérieur brut. Le transport aérien, promis à une croissance soutenue, est aussi un secteur contributeur aux émissions de GES évalué à 3,5 %, sans prendre en compte le trafic international mal évalué.

 

Le transport aérien contribue au changement climatique. Les aéronefs émettent des gaz à effet de serre, notamment du CO2, directement dans les hautes couches de l’atmosphère. De plus, ils produisent de grandes quantités de vapeur d’eau, qui est un gaz à effet de serre et qui contribuent la formation de traînées de condensation et de cirrus qui amplifient le pouvoir de réchauffement.

 

 Bien que ces impacts soient nettement inférieur à d’autres modes de transport, notamment de secteur routier environ 10 fois plus élevé, l’ensemble des organisations du secteur aéronautique se sont depuis longtemps engagés à réduire les impacts sur l’environnement dans une voie de croissance durable qui englobe tous les domaines de l'industrie commerciale et les gouvernements qui travaillent en partenariat à travers l'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI).

 

Les 191 États membres de l'OACI, les compagnies aériennes regroupées sous l’Association internationale du transport aérien IATA, les organismes de l'aviation regroupés au sein du « Air Transport Action Group » (ATAG), … tous les acteurs sont engagés dans les programmes ambitieux  de réduction des impacts environnementaux, par exemple réduction de 50 % des impacts carbone de 2005 à atteindre en 2050.

 

 

 

Modéliser le développement durable du transport aérien

 

Si les enjeux globaux de développement durable du transport aérien sont identifiés, la contribution des différents acteurs et des différents métiers se traduisent par des enjeux propres à chaque organisation en termes  économiques, environnementaux, sociaux. Ils peuvent ainsi ne pas être cohérents, voir être en contradiction entre acteurs et nuire aux dynamiques collaboratives nécessaires à l’intérêt commun.

 

Si le concept de développement durable est simple, sa représentation est souvent complexe, ce qui impose un travail d’identification pour gagner en cohérence.

 

C’est alors qu’apparait le besoin d’un outil commun permettant d’appréhender la complexité du management du développent durable : quels sont les enjeux contributifs aux axes de progrès ? Quelles sont les parties prenantes impliquées par ces enjeux ?  Quels sont les impacts générés par sa propre organisation en relations avec ces enjeux ?  Dans quelles actions et quelles priorités faut-il s’inscrire en regard de ses propres leviers d’action ? 

 

Une représentation fédératrice est celle du cycle de vie. Chaque acteur, organisation, entreprise, individu est naturellement habitué à situer son métier au sein des métiers qui l’entourent mais connaît moins bien les enjeux de l’ensemble de la filière.

 

Ainsi, en généralisant cette modélisation  « activités – cycle de vie », on facilite les compréhensions mutuelles des enjeux, des compromis et coopérations à entreprendre.

 

 

 

 

 

Avant d’aller plus loin, prenons un moment pour comprendre le développement durable et ce qu’il implique.

 

 

 

Le développement durable et la responsabilité sociétale

 

Si les premiers engagements internationaux vers une maitrise des enjeux environnementaux remontent au Club de Rome en 1972, le développement durable est un concept largement accepté et un objectif essentiel qui a reçu une reconnaissance internationale à la suite de la publication en 1987 du rapport Brundtland émanant de la Commission mondiale sur  l'environnement et le développement. Il n’est jamais inutile d’en rappeler le principe car souvent déformé (introduction du rapport Brundtland, 349 pages) :

 

Le développement durable est un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs. Deux concepts sont inhérents à cette notion :

 

  • le concept de « besoins », et plus particulièrement des besoins essentiels des plus démunis, à qui il convient d’accorder la plus grande priorité, et

  • l’idée des limitations que l’état de nos techniques et de notre organisation sociale impose sur la capacité de l’environnement à répondre aux besoins actuels et à venir.

 

 

 

Le développement durable est souvent représenté par ses trois piliers fondamentaux qui impliquent d’interroger la stratégie, les projets, les activités en regard des impacts dans les dimensions Economique, Sociale et Ecologique (au sens des Ressources procurées par l’environnement).

 

 

 

 

 

Les trois piliers du développement durable

 

 

 

Le développement durable traite de la satisfaction des besoins de la société tout en vivant, en respectant les limites écologiques de la planète, sans compromettre la capacité des générations futures à répondre à leurs besoins.

 

En mentionnant les générations futures, cette définition inclut le facteur temporel qui implique de raisonner court, moyen, et long terme en matière d’impacts : nombre d’actions peuvent présenter des intérêts, (externalités positives)  sur le court terme et engendrer les risques voir des dommages (externalités négatives) sur le long terme ; il en est souvent ainsi pour plusieurs raisons :

 

  • nos comportements sociétaux sont de plus en plus « court-termisants » et, orientés sur les externalités positives notamment les résultats économiques, ils examinent insuffisamment les risques d’externalités négatives lesquels nécessitent des analyses et un  suivi soutenu,

  • le savoir d’une part et les capacités scientifiques et technologiques d’analyse du long terme des externalités négatives d’autre part, ne progressent pas au même rythme.

 

Parallèlement au concept de développement durable son corolaire  « La Responsabilité Sociétale des Organisations » (R.S.O.) s’est développée depuis les années 2005 : Quelles sont les responsabilités en matière de résolution d’enjeux sociaux, environnementaux, économie ? 

 

La donne change puisqu’implique non plus une projection d’objectifs vagues ou d’engagements flous mais une approche concrète incluant le respect légal, règlementaire, juridique.

 

Le concept de RSO a ainsi permis la naissance des méthodologies qui permettent de relier développement durable et pratiques de management indispensables au progrès des organisations.

 

La responsabilité sociétale des organisations est généralement définie comme la contribution des organisations à l’atteinte des objectifs traduisant le développement durable pour leurs activités au sein des enjeux de leur filière ; du moins il faudrait que ce soit cela !   Les attentes plus larges de la société devraient être prises en considération par les organisations désireuses d'agir de manière responsable. En conséquence, il convient que la contribution au développement durable soit un objectif essentiel de toute organisation engagée dans une démarche de responsabilité sociétale.

 

Cela nécessite des outils méthodologiques d’investigation.

 

 

 

L’outil méthodologique international réalisé au sein de l’ISO : ISO 26000

 

Genèse

 

C’est le plus important projet porté par l’International Standard Organisation (ISO) qui a mobilisé ses 162 états membres. De par la nature même du développement durable multi Etats, multi culturel, multi secteurs d’activités, … il a donné lieu à plus de 30 groupes de travail internationaux lesquels ont mobilisé 400 experts de 2001 jusqu’à 2010 année de parution.

 

La compréhension du concept de la responsabilité sociétale peut recouvrir des réalités très différentes suivant les interlocuteurs et les régions du monde. De nombreuses approches et outils étaient apparus dans les années 2000 et, face à cette diversité, nombre d’acteurs du monde entier ont exprimé le besoin d’harmoniser les pratiques en matière de responsabilité sociétale, et se sont donc rapprochés de l’ISO, dont AFNOR est le membre français.

 

Les acteurs ont perçu tout l’intérêt de disposer d’un cadre international de référence, utilisable dans chacun des pays où ils opèrent, pour dialoguer avec l’ensemble des interlocuteurs pour affiner des méthodes spécifiques aux enjeux de chaque filière

 

 

 

Le sens

 

L'ISO 26000 présente des lignes directrices pour tout type d'organisation cherchant à assumer la responsabilité des impacts de ses décisions et activités et en rendre compte.

 

Ce n’est pas une norme mais un ensemble de recommandations

 

Ce n’est pas une certification mais procède d’un engagement volontaire ayant pour vocation la démonstration de son engagement responsable.

 

Elle définit la responsabilité sociétale comme :

 

La Responsabilité d’une organisation vis-à-vis des impacts de ses décisions et de ses activités sur la société et sur l’environnement, se traduisant par un comportement transparent et éthique qui :

 

  • contribue au développement durable y compris à la santé et au bien-être de la société

  • prend en compte les attentes des parties prenantes

  • respecte les lois en vigueur et est compatible avec les normes internationales

  • est intégré dans l’ensemble de l’organisation et mis en œuvre dans ses relations

 

Elle décrit deux pratiques fondamentales de responsabilité sociétale que sont :

 

  • l'identification des impacts des décisions et activités de l'organisation au regard des enjeux (appelés questions centrales)

  • l'identification des parties prenantes et le dialogue avec celles-ci.

 

 Ces deux pratiques visent à déterminer les domaines d’action pertinents et prioritaires pour une organisation à partir :

 

  • Des impacts sur l’ensemble de la chaîne de valeur (cycle de vie de l’activité/produit/service)

  • L’analyse des 7 questions centrales qui s’apparentent à une bibliothèque d’enjeux potentiels  

  • D’un périmètre étendu de sa responsabilité au sein de sa sphère d’influence

  • De ses parties prenantes.

 

 

 

Dans un prochain article, nous aborderons la mise en œuvre, la méthode.

 

 

 

Sources : COP21, MEDDE, Afnor – Travaux de la commission développement durable et responsabilité sociétale et de la norme ISO 26000, Novethic, OACI.

 

Auteur

 

Serge Delplace

 

Conseil de direction

 

Ancien membre de l’AFNOR

 

Membre expert et participant aux travaux des commissions de normalisation de l’AFNOR :

 

  • Développement Durable et Responsabilité Sociétale : ISO 26000, Gouvernance, Priorisation des enjeux et actions, crédibilité, Reporting,…

  • Pratiques et systèmes de management

 

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