Newsletter AVRIL 2018

Le mot du Président
Cheick Tidiane CAMARA

Chers Amis
Bonjour

Comme prévu, le sommet des chefs d’états de l’Union Africaine (UA) a procédé en janvier dernier au lancement du Marché Unique du Transport Aérien Africain (MUTAA).

D’après la Commission de l’UA, « le MUTAA va promouvoir le commerce, les investissements transfrontaliers dans les secteurs de la production et des services, notamment le tourisme ».

Selon la Commissaire chargée des Infrastructures et de l'Energie : « Cela se traduira par la création de 300.000 emplois directs supplémentaires et 2 millions d’emplois indirects contribuant énormément à l’intégration et à la croissance socio-économique du continent ».

Les acteurs et observateurs de cet événement s’en sont légitimement réjouis dans leur très grande majorité, en soulignant, pour en apprécier l’ampleur, que les vingt-trois pays signataires « ont une population d’environ 670 millions d’habitants, soit plus de la moitié de celle du continent avec un PIB de 1500 milliards de dollars.

Ils représentent, en outre, plus de 80% du trafic aérien intra-africain et captent également plus de 54% des 63,5 millions de touristes internationaux qui ont visité l’Afrique en 2015 ».

Sans vouloir passer pour un afro-pessimiste, je voudrais tempérer l’enthousiasme ambiant en faisant observer que :

  • Ceux-là qui se félicitent de cette signature, sont les mêmes qui déplorent la non mise en œuvre totale de la Décision de Yamoussoukro (DY). Pourtant cette Décision a force exécutoire depuis le 12 août 2002, dans tous les Etats signataires du Traité d’Abuja instituant la Communauté Economique Africaine, sans qu’aucun accord bilatéral contraire à ses dispositions puisse lui être opposable.
  • Si l’on soustrait des signataires de l’accord : l’Afrique du sud, L’Egypte et le Nigéria, soit trois pays sur vingt-trois, les chiffres annoncés seraient beaucoup moins significatifs. Au demeurant, la position du Nigéria (première économie africaine) me parait, en la matière, quelque peu ambiguë. En effet je peine à saisir la logique qui sous-tend, à la fois, sa volonté d’instaurer un Marché Unique Aérien Africain, et sa réticence à adhérer à la ZLEC (Zone de Libre Echange Continentale). Cette zone pourtant considérée  par l’UA comme essentielle au développement de l’Afrique a été créée  le 21 mars dernier par 44 pays du continent
  • Aucun pays de l’UMA (Union du Maghreb Arabe), une des CER (Communautés Economiques Régionales) de l’UA n’a signé l’accord.
  • Un seul Etat insulaire, le Cap-Vert, fait partie des premiers adhérents à l’accord. Les autres : Les Comores, Madagascar, Maurice, Les Seychelles, Sao Tome et Principe attendent, probablement, de se convaincre de sa pertinence. Il faut, d’ailleurs, rappeler que Maurice et, dans une moindre mesure, l’Angola ne sont pas des fervents adeptes de la Décision de Yamoussoukro, dont la mise en œuvre est une condition incontournable pour le MUTAA.

Autant dire que du chemin reste à parcourir avant la pleine réalisation du Marché Unique du Transport Aérien Africain. Personne, j’en suis convaincu, ne doute de cela.

Je pense quant à moi, que compte tenu des nationalismes déplorables mais réels, la démarche plus pragmatique, consistant à partir des Communautés Economiques Régionales, eût été davantage logique, plus facile et en parfaite adéquation avec ce que proclame l’UA : « Piliers de l'intégration économique en Afrique, les CER ….jouent un rôle central dans divers programmes porteurs de transformation sur le continent, dont le Nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique (NEPAD) adopté en 2001, l'Agenda 2063 de l'Union africaine voté en janvier 2015...».

Vous lirez dans cette parution un excellent article de Monsieur Jean Peyrot, Ancien Administrateur et membre du comité d’audit d'Air France, Dirigeant de JPConseil, sur la Gestion des risques et compagnies aériennes selon une approche globale.

Vous trouverez ensuite une fiche technique sous forme d’article de notre Expert, Monsieur Marc Cuberte, qui pourrait accompagner les contrôleurs aériens dans la mise en place et l’utilisation de l’outil « AMAN » de Thalès au grand bénéfice de tous les utilisateurs.

Vous découvrirez aussi notre nouvelle offre de service : « Etudes de sécurité », que notre Expert, Monsieur Claude BARRET pourra développer chez vous au bénéfice de vos équipes ou réaliser au coup par coup.

N’oubliez pas de faire un petit tour sur les actualités d’ECTAR ainsi que celles de l’IFURTA, notre partenaire.


Cheick Tidiane CAMARA

Président du Conseil d'Administration

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