Newsletter avril 2015

Le mot du Président
Cheick Tidiane CAMARA

Chers Amis,

Bonjour

Du 25 au 27 mars dernier, l’OACI a organisé à Antananarivo, une conférence dont le thème était : le développement durable du transport aérien en Afrique.

A en croire la déclaration faite à l’issue de trois jours de débats, l’essor du transport aérien en Afrique dépendra essentiellement de la libéralisation de l’accès aux marchés et de la détention et du contrôle effectif des compagnies dans le continent, par la signature de l’Accord multilatéral sur la libéralisation du transport aérien international (MULTILATERAL AGREEMENT ON THE LIBERALIZATION OF INTERNATIONAL AIR TRANSPORTATION : MALIAT).

L’espace dont je dispose dans cette rubrique ne me permet pas d’argumenter un point de vue beaucoup plus nuancé que les certitudes sous-entendues lors des débats qui ont eu lieu au cours de cette rencontre et dans la déclaration finale.

Cependant, je considère que la Décision de Yamoussoukro donne une longueur d’avance à l’Afrique quant à la propriété des compagnies aériennes et à la libéralisation de l’exploitation des droits de trafic. Sans oublier que, malgré une politique extérieure africaine commune élaborée sous l’égide de l’Union Africaine (UA), il est vrai, non contraignante, 24 états africains ont signé des accords de ciel ouvert avec des pays étrangers. Et ce nombre continuera de croitre, à n’en pas douter.

Au cours de la même réunion, nous avons appris par une communication de la Commission de l’UA que la Conférence des chefs d’état et de gouvernement a décidé de la mise en place d'un marché unique du transport aérien en Afrique d’ici janvier 2017. Onze pays (Bénin, Cap-Vert, République du Congo, Côte d'Ivoire, Égypte, Éthiopie, Kenya, Nigeria, Rwanda, Afrique du Sud et Zimbabwe) ont pris « l’engagement solennel de mettre en œuvre la Décision de Yamoussoukro sur la création de ce Marché unique ».

Si l’on ne peut que saluer cette volonté d’intégration des états africains, objectif premier des pères fondateurs de l’Union, après la libération totale du continent, l’on peut s’interroger sur le délai imparti pour atteindre ce but.

L’Europe (28 états aujourd’hui), faut-il le rappeler, a pris dix ans pour réaliser un marché unique du transport aérien, qui reste encore à parfaire.

Alors, espérer que l’Afrique (54 états) y parviendra en si peu de temps, me parait, pour le moins, très optimiste. D’autant que les préalables, après la levée de toutes les barrières interdisant la libre circulation des personnes et des biens, sont nombreux :

  • Créer une Agence continentale chargée de la sécurité du transport aérien
  • Contrôler les subventions aux compagnies
  • Eviter les abus de position dominante
  • Garantir un égal accès aux créneaux horaires ATC ou d’assistance
  • Interdire les ententes illicites
  • Assurer la protection des consommateurs
  • Veiller à la préservation de l’environnement
  • Préserver les droits des travailleurs du secteur
  • Créer une Cour arbitrale dont les décisions auront force exécutoire… etc.

La tâche sera difficile, mais souhaitons que le pari soit gagné.

Vous lirez dans cette parution une contribution de Mansour DIOP sur le transport aérien en Afrique, puis un article sur les droits du passager aérien, par Délia BERGONZI, notre Directrice Générale. Ne manquez pas de regarder nos tous derniers produits de formation pour le personnel de Front-line des compagnies aériennes (Accueil Client), ainsi que nos offres sur le plan des opérations et programme.

Bonne lecture !

Cheick Tidiane CAMARA
Président du Conseil d’Administration ECTAR

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