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Le sauvetage d’Alitalia passera aussi par Atlantia

Ferrovie dello stato a choisi son troisième et dernier partenaire pour la reprise d’Alitalia le 15 juillet et il s’agit d’Atlantia. La société des chemins de fer italien, le groupe de la famille Benetton, Delta Air Lines et le gouvernement italien vont désormais travailler de concert pour finaliser le plan de restructuration de la compagnie italienne, sous administration extraordinaire et sous perfusion du gouvernement depuis deux ans.

Quatre investisseurs potentiels s’étaient manifestés avant la date-butoir du 15 juillet pour participer au sauvetage d’Alitalia : le groupe Toto (qui avait déjà participé au sauvetage de 2008 en fusionnant sa compagnie AirOne à Alitalia), le directeur de la Lazio Claudio Lotito, l’ex-PDG d’Aviance German Efromovich et Atlantia.

Le choix d’Atlantia comme dernier partenaire n’était pas évident. Le gouvernement italien s’oppose à lui sur un autre dossier, celui de la concession des autoroutes italiennes, qu’il veut révoquer depuis l’effondrement du pont de Gênes dont Atlantia était concessionnaire. Sa position s’était adoucie récemment mais Luigi di Maio, le ministre de l’Economie et des Finances, a tout de même commenté le choix de Ferrovie dello Stato en prévenant qu’il ne reculerait pas sur les autoroutes : « Nous avons réussi à trouver une solution et c’est un excellent résultat. […] Cela dit, le conseil d’administration autonome de Ferrovie dello Stato a choisi Atlantia comme quatrième partenaire dans le consortium du nouvel Alitalia. D’autres offres étaient arrivées, mais ils ont choisi Atlantia. Pas de préjugé, comme je l’ai dit, également parce que l’État continuera à avoir la majorité absolue de la société et donc aussi le contrôle de la nouvelle entreprise. »

Atlantia a tout de même l’avantage d’être un groupe solide qui a déjà un pied dans le secteur puisqu’il est le concessionnaire d’Aeroporti di Roma – donc avec un intérêt majeur dans le développement d’Alitalia, aux sauvetages de laquelle il avait également participé en 2008 puis 2014.

La répartition des participations n’a pas encore été dévoilée mais il serait question que Ferrovie dello Stato prenne 35% de la compagnie, le ministère de l’Economie 15% tout comme Delta, laissant 35% à Atlantia. L’été sera occupé à présenter et ajuster le plan de restructuration, avant que des offres contraignantes soient déposées par chaque partie d’ici mi-septembre.

Durant ces deux dernières années, Alitalia a réussi à enrayer sa chute mais reste déficitaire et n’a dû sa survie qu’à un nouveau prêt relais de 900 millions d’euros du gouvernement, qu’elle doit à présent rembourser.

Emilie Drab
Rédactrice en chef adjointe
Aviation civile, Transport aérien
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