Ataf Membre de l’ATAF depuis 2016

Maroc : la RAM demande plus de moyens à l’État

La compagnie marocaine table sur le soutien de l’État actionnaire pour continuer à déployer ses ailes. Objectif : doubler la flotte pour concurrencer les plus grands aéroports européens sur le transit mondial.

Lancé depuis plus de deux ans, le « mayday » du président de la Royal Air Maroc, pour un soutien de l’État, semble plus que jamais trouver écho. Abdelhamid Addou, épaulé de son ministre de tutelle, Mohamed Sajid, a plaidé récemment en commission parlementaire pour un renouvellement du contrat-programme avec les pouvoirs publics.

« Les élus ont été très sensibles aux arguments du président de la compagnie qui a exposé le positionnement stratégique et commerciale de la RAM », nous explique un proche du dossier qui espère voir la signature d’une nouvelle convention avant la fin de l’année.

Arrivé à terme en 2016, l’ancien contrat-programme avait déjà permis de sauver le transporteur national d’un crash annoncé. Depuis, la RAM a retrouvé son altitude de croisière. Nouveaux appareils commandées, lignes commerciales ouvertes, climat social pacifié… la compagnie a même pu renouer avec les bénéfices ces deux dernières années.

Les Boeing 737 max toujours cloués au sol

Et de grandes ambitions sont affichés désormais : « une étude menée en 2017 a permis de confirmer l’énorme potentiel de la compagnie de devenir numéro un sur le continent, mais aussi de concurrencer Paris, Lisbonne et Francfort comme hub de transit mondial. Un tel positionnement nécessite de lourds investissements que la compagnie ne pourrait consentir sans le soutien de son actionnaire, l’État. « Il s’agit entre autres de doubler la flotte de la compagnie qui est actuellement à peine d’une soixantaine d’appareils », nous dévoile notre source.

Un renflouement des caisses de la compagnie paraît d’autant nécessaire que la RAM est confrontée cette saison estivale à une pénurie d’avions qui frappe plusieurs transporteurs en raison de l’immobilisation du B737 Max, suite aux crashs des vols Lion Air et Ethiopian Airlines, en octobre 2018 et mars 2019.

Les quatre appareils de ce type commandés par la RAM devaient venir en renfort sur les lignes de moyen courrier, dont les nouvelles destinations européennes inaugurées récemment comme Athènes ou Vienne. La situation a certes été anticipée à travers la location d’appareils pour faire face à cette période pic du trafic aérien, mais implique de lourdes charges supplémentaires.

Par

https://www.jeuneafrique.com