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Après le 737 MAX, un nouvel avion de Boeing mis en cause ?

Depuis les deux crashs de 737 MAX en l’espace de quelques mois, Boeing traverse une zone de fortes turbulences. Et la firme américaine, touchée de plein fouet par les déboires de son avion-vedette, n’est pas au bout de ses peines. Une longue enquête du New York Times, publiée samedi 20 avril, égratigne un autre appareil du groupe : le non moins célèbre 787 Dreamliner. Composants défectueux, débris de métal à bord… L’article, fruit d’un travail de plusieurs mois, ne donne pas envie de quitter le plancher des vaches à bord de cet appareil.

Le Dreamliner est pourtant fabriqué dans l’usine dernier cri du groupe, sortie de terre en 2009 aux abords de la ville de Charleston, en Caroline du Sud. Mais après avoir épluché des milliers d’e-mails internes, de documents administratifs et interviewé des dizaines de salariés, le quotidien a mis au jour une culture d’entreprise délétère, qui nuit tant au personnel qu’à la qualité de l’avion fabriqué derrière les murs de l’usine. Longtemps critiqué pour ne pas tenir les délais de commande, Boeing aurait ainsi poussé ses employés à accélérer la cadence de production.

Des salariés n’ont pas tardé à faire part de leur inquiétude. En vain. Joseph Clayton, technicien de l’usine Charleston Nord, est l’un d’entre eux. Il explique au New York Times avoir régulièrement trouvé des débris de métal à proximité immédiate des câblages sous les cockpits. « J’ai dit à ma femme que je ne volerai jamais à bord (d’un Dreamliner). C’est une question de sécurité », raconte-t-il dans les colonnes du célèbre journal. Des composants défectueux auraient également été installés à bord.

Les employés ont trouvé une échelle et une guirlande, laissés à l’intérieur de la queue d’un avion, près des engrenages du stabilisateur. « Cela aurait pu verrouiller les rouages », a tempêté Rich Mester, un ancien technicien qui a examiné les avions avant la livraison. « J’ai trouvé des tubes d’étanchéité, des écrous, des bouts du processus de construction », poursuit-il. John Barnett, ex-contrôleur qualité, est quant à lui tombé sur des morceaux de métaux suspendus au-dessus du câblage qui commande les instruments de vol. L’ancien salarié a déposé une plainte auprès des organismes de réglementation et exhorté ses patrons à retirer les débris. Mais ils auraient refusé et Barnett a été transféré dans une autre partie de l’usine.

Le démenti de Boeing

Malgré ces nombreuses carences relevées dans l’usine, aucun Dreamliner n’a connu d’incident grave, même si la flotte a été brièvement clouée au sol après un feu de batterie. Les compagnies aériennes ont également confiance en cet appareil, explique le New York Times. Mais moins en l’usine qui le fabrique. Les manquements à la sécurité au sein de North Charleston ont attiré l’attention. Qatar Airways a par exemple cessé d’accepter des avions de l’usine après des accidents de fabrication qui ont endommagé des jets et retardé les livraisons, explique le « NYT ». La compagnie qatarie n’a toutefois pas confirmé cette affirmation.

Boeing réfute de son côté toutes ces accusations et assure dans un communiqué que « les coéquipiers de Boeing en Caroline du Sud produisent les niveaux de qualité les plus élevés de notre histoire ». « Je suis fier de l’engagement exceptionnel de nos équipes envers la qualité et je les appuie dans leur travail quotidien », assure Kevin McAllister, chef des avions commerciaux de la firme. La FAA, une agence gouvernementale chargée des réglementations et des contrôles concernant l’aviation civile, conduit actuellement une enquête après qu’un employé a trouvé… un chewing-gum dans l’appareil. Il servait à coller entre elles deux parties d’une garniture de porte.

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