Déménagement pharanonique vers le nouvel aéroport d'Istanbul

Les autorités aéroportuaires turques achevaient samedi de procéder au gigantesque déménagement des équipements de l'aéroport Atatürk à Istanbul vers un nouvel aéroport international dont elles veulent faire à terme le plus grand du monde.

"Nous avons fini le transfert (des équipements) à hauteur de 96-97%. Nous aurons terminé le reste d'ici 20H00 (17H00 GMT)", a déclaré un cadre de la compagnie Turkish Airlines, Ilker Ayci, sur la chaîne d'information turque NTV.

Ce transfert pharaonique, qui a nécessité la fermeture de plusieurs routes pour permettre à des centaines de camions de circuler, a débuté vendredi à 03H00 (00H00 GMT) et a été planifié pour durer au maximum 45 heures.

Des responsables et journaux turcs ont décrit le transfert des équipements entre les deux aéroports comme "le plus grand déménagement de l'histoire de l'aéronautique civile".

Cette transition marque la fermeture aux vols commerciaux de l'aéroport international Atatürk, qui était jusque-là le principal aéroport desservant la ville. Le dernier vol de passagers, desservant Singapour, a décollé dans la nuit de samedi.

Il est remplacé par l'"aéroport Istanbul", situé à une trentaine de km au nord sur les rives de la mer Noire, qui récupère ainsi son code aéroportuaire "IST". L'aéroport Atatürk, qui reste ouvert aux vols cargos, opère désormais avec l'identifiant "ISL".

Selon son opérateur IGA, l'aéroport Istanbul a une capacité initiale de 90 millions de passagers par an et devrait pouvoir accueillir 200 millions de personnes d'ici 2028, ce qui en ferait l'aéroport le plus fréquenté au monde.

Si le président turc Recep Tayyip Erdogan a officiellement inauguré ce nouvel édifice en octobre dernier, son entrée en fonction s'est faite de façon graduelle avec une poignée de vols quotidiens, et le déménagement final a été plusieurs fois repoussé.

Cet aéroport fait partie, avec le troisième pont sur le Bosphore et le tunnel sous ce même détroit inaugurés en 2016, des grands projets d'infrastructures ardemment défendus par M. Erdogan, qui veut transformer la Turquie pays à temps pour le centenaire de la République, en 2023.

Mais sa construction a été marquée par des retards et des polémiques entourant les conditions de travail sur le chantier. D'après l'IGA, 30 ouvriers sont morts pendant la construction de l'édifice, un chiffre sous-estimé selon des syndicats.

AFP

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