Air France-KLM améliore son résultat net et trouve un accord sur sa gouvernance

Air France-KLM a vécu une année 2018 difficile et pleine de remous. Entre les grèves du printemps, la hausse du prix du carburant, la démission de Jean-Marc Janaillac, l'arrivée de Benjamin Smith et les désaccords avec Pieter Elbers, le groupe a eu de quoi s'occuper mais a su rester très focalisé sur ses performances. Cela a payé, comme en témoigne le niveau du résultat net, qui a plus que doublé pour atteindre 409 millions d'euros (contre 163 millions en 2017). Les performances ont, comme ces dernières années, été principalement tirées par KLM et Transavia, même si toutes les activités ont progressé.

Le chiffre d'affaires est en légère hausse de 2,5% et atteint 26,5 milliards d'euros. L'impact des grèves (335 millions d'euros) et de la hausse du prix du carburant sur dix mois ont toutefois mis à mal les effets de la bonne performance commerciale (la recette unitaire s'est améliorée de 1,1%) et de la maîtrise des coûts (-0,6%). Le résultat d'exploitation a fortement chuté, de 37% à 1,33 milliard d'euros - KLM a en a réalisé 1,073 milliard d'euros (stable) et Air France 266 millions d'euros (-70%).

La tendance sur le long-courrier est restée dynamique, portée par les augmentations de trafic sur l'Amérique du sud, l'Atlantique Nord et l'Asie. Le moyen-courrier a globalement réussi à s'améliorer, avec une hausse sur le réseau au départ des hubs (+2,8%) et une baisse (-2,6%) sur le point-à-point. Même le cargo continue à reprendre des couleurs : ayant pu faire l'objet d'une hausse des tarifs et avec une capacité et un trafic stables, la recette unitaire s'est améliorée de 2,9%.

Ce sont les résultats records de Transavia qui tirent leur épingle du jeu. Avec une augmentation des capacités de 8,4%, la low-cost du groupe a réussi à augmenter son trafic de 10,1%, son chiffre d'affaires de 12,2% (1,6 milliard d'euros) mais surtout son résultat d'exploitation de 21% (139 millions d'euros).

Pour 2019, Air France-KLM table sur une nouvelle hausse de sa facture carburant qui pourra avoir un impact de 650 millions d'euros. Les réservations s'annoncent bonnes jusqu'à l'été et la hausse des capacités n'est donc pas remise en cause. Elles devraient gagner entre 2% et 3% chez Air France et KLM, et entre 9% et 11% chez Transavia. Par ailleurs, la dette continuant à se réduire, le groupe a prévu de réaliser des investissements à hauteur de 3,2 milliards d'euros.

Une organisation de gouvernance remaniée

Le conseil d'administration du groupe, réunis le 19 février pour approuver les comptes, a également décidé de proposer la reconduction de Pieter Elbers en tant que président du directoire de KLM à la fin de son mandat actuel au mois d'avril. Cette reconduction avait été entachée d'incertitudes en raison d'un désaccord avec Benjamin Smith, directeur général du groupe, sur la stratégie à adopter, notamment en termes d'intégration. Pieter Elbers bénéficie toutefois du soutien de ses salariés - qui menaçaient de se mettre à leur tour en grève en cas d'éviction - et de ses résultats. Benjamin Smith a également obtenu de siéger au conseil de surveillance de KLM.

Par la même occasion, il a été décidé de la mise en place d'un CEO Committee, chargé de déterminer l'orientation stratégique des compagnies aériennes et unités formant le groupe. Il sera présidé par Benjamin Smith et regroupera Pieter Elbers, Anne Rigail, directrice générale d'Air France, et Frédéric Gagey, directeur financier du groupe.

L'intégration d'Air France et KLM va par ailleurs pouvoir avancer un petit peu plus, le groupe affirmant vouloir augmenter la collaboration pour dégager davantage de synergies et être plus performant. Une simplification des processus décisionnels est également souhaitée dans les domaines de la stratégie flotte et réseau, des alliances, de la stratégie commerciale, des RH, des achats et de la digitalisation.
 
 
Emilie Drab
Rédactrice en chef adjointe
Aviation civile, Transport aérien

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