Air France : un accord sur les salaires pourrait être signé dès ce vendredi !

Suspendues depuis le mois de mai, les négociations sur les salaires ont repris ce mercredi. Après une deuxième journée de négociations prévue ce jeudi, la direction prévoit de mettre un accord à signature sur la table ce vendredi.

Entré en fonction il y a un mois seulement, Ben Smith, le nouveau directeur général canadien d'Air France-KLM et, de manière temporaire, d'Air France, va peut-être résoudre le conflit salarial à la vitesse de l'éclair. Peut-être même dès ce vendredi 19 octobre, deux jours seulement après la reprise officielle des négociations sur le sujet, lesquelles avaient été suspendues après la démission le 15 mai de l'ancien PDG Jean-Marc Janaillac dans la foulée de son référendum perdu sur la question salariale.

Accord en bonne voie

Selon des sources concordantes, la nouvelle direction a indiqué ce mercredi aux syndicats qu'elle allait mettre un accord salarial sur la table ce vendredi, à signer le jour-même. Selon des syndicalistes appartenant à toutes les catégories de personnels, le texte semble bien parti pour recueillir une majorité de signatures parmi les syndicats représentatifs de la compagnie.

"Il y a de fortes chances pour qu'il soit signé. Vendredi au plus tard, voire en début de semaine prochaine en cas de délai de signature plus important, le conflit peut être réglé", assure un pilote à La Tribune.

Comme il l'avait dit à l'oral il y a une dizaine de jours lors d'une discussion avec tous les syndicats, Ben Smith a proposé ce mercredi une hausse des grilles salariales de 2% rétroactive au 1er janvier 2018, suivie d'une deuxième augmentation de 2%, également au 1er janvier 2019. Soit 4% au total (hors avancement automatique liée à l'ancienneté et hors augmentations individuelles). Cette proposition est légèrement supérieure à la dernière présentée par la direction en mai qui prévoyait +2% en 2018 et +5% entre 2019 et 2021, soit 1,65% par an en moyenne au cours des trois prochaines années. Surtout, elle ne fige pas le montant de la hausse de 2019, dans la mesure où la direction prévoit un rendez-vous en octobre 2019, après les négociations sur les salaires en juin chez KLM.

Pour autant, si une majorité de syndicats pourrait se dégager autour de cette proposition, le syndicat national des pilotes de ligne (SNPL) et probablement la CGT ne devraient pas signer le texte, sans pour autant tenter de s'y opposer.

Cet affichage qui peut faire la différence

Pour le SNPL, qui réunissait son conseil hier -il a même reçu Ben Smith pendant une heure pour une séance de questions-réponses-, cette proposition ne règle pas le rattrapage des années 2012-2017, et la hausse de 2% prévue au 1er janvier 2019 ne doit pas être considérée comme une avance sur l'année 2019. Le SNPL demande donc une anticipation... d'un jour de la date de mise en place des deux augmentations prévues par la direction, soit au 31 décembre 2017 pour la première tranche de 2% et au 31 décembre 2018 pour la seconde. Cela permettrait de laisser ouverte la question des négociations de 2019 et surtout d'afficher un volume d'augmentation pour 2018 de 4%, plus proche de la dernière revendication de l'intersyndicale (+5,1%).

Les pilotes veulent une hausse de 10,7%

Pour beaucoup, la demande relève davantage du symbole. D'autant plus que les pilotes vont négocier une augmentation supplémentaire de manière bilatérale avec la direction. En effet, même s'ils ne l'ont pas crié sur les toits, les pilotes ont toujours demandé une hausse de rémunération de 10,7% : +6% dans le cadre des augmentations générales, inter-catégorielles (une revendication ramenée à 5,1% par la suite) et +4,7% dans le cadre catégoriel, dans lequel les pilotes obtiendraient une hausse de rémunération en contrepartie de mesures permettant à la compagnie de faire des économies. Pour autant, si la partie catégorielle passe à 4% au lieu de 6% espérée initialement, il manquera 2% dans l'enveloppe globale, sauf à augmenter de 2% la partie catégorielle pour arriver à +10,7%.

Un accord sur les salaires permettrait à Air France de tourner la page d'un conflit extrêmement dur qui aura coûté 15 jours de grèves et 335 millions d'euros de pertes pour Air France et une grave crise de gouvernance. Même s'il resterait une partie encore à négocier avec les pilotes, cet accord sur les grilles salariales permettrait ainsi à Ben Smith de s'atteler à la transformation d'Air France et du groupe.

Par Fabrice Gliszczynski

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