Engagé dans une course à la croissance, AccorHotels jette l'éponge sur Air France-KLM

Engagé dans une course aux acquisitions grâce aux milliards dégagés par la cession de ses actifs immobiliers, le géant hôtelier AccorHotels a en revanche renoncé à acheter une part dans Air France-KLM.

Le sixième groupe hôtelier mondial, qui avait reconnu en juin mener des « réflexions » sur une alliance avec la compagnie franco-néerlandaise a annoncé jeudi, en publiant ses résultats semestriels, qu'il abandonnait ce projet.

« Est-ce qu'on est convaincu, en tant que groupe hôtelier, d'un potentiel de création de valeur en travaillant entre hôteliers et partenaires aériens ? La réponse c'est oui », a déclaré le directeur financier Jean-Jacques Morin, lors d'une conférence de presse téléphonique.

« Est-ce qu'on a été capables de se mettre d'accord avec Air France et d'avoir des conditions qui à ce stade, nous permettent d'avancer ? La réponse est non », a-t-il poursuivi.

Ce projet avait semé le doute chez les spécialistes et marchés financiers: l'action Accor avait plongé de près de 7% en juin en une séance à la Bourse de Paris, lors de la confirmation de réflexions « à un stade préliminaire ».

Les analystes s'interrogeaient sur la pertinence d'une prise de participation dans la compagnie franco-néerlandaise en pleine crise sociale, pour le groupe engagé dans un renforcement dans l'hôtellerie traditionnelle.

Air France-KLM, détenu à 14% par l'Etat français, est en quête d'une nouvelle direction depuis le départ le 4 mai de son PDG Jean-Marc Janaillac après le rejet par le personnel d'un accord salarial.

La compagnie est actuellement dirigée par une présidente non exécutive, Anne-Marie Couderc, qui a pour principale tâche de recruter une nouvelle direction.

- Impact marginal des grèves en France -

Le groupe hôtelier a parallèlement dévoilé un bénéfice net semestriel très élevé de 2,18 milliards d'euros grâce à une plus-value réalisée sur la cession de son pôle immobilier AccorInvest. Le bénéfice net (pro forma) était de 87 millions au premiers semestre 2017.

L'excédent brut d'exploitation a atteint 291 millions d'euros, en recul de 3,2% lié notamment à un effet de change négatif, pour un chiffre d'affaires de 1,45 milliard d'euros, en hausse de 3%.

A la Bourse de Paris, l'action Accor reculait de 1,39% à 43,86 euros, dans un marché en hausse de 0,67% à 10h30.

« Au cours du premier semestre 2018, AccorHotels a poursuivi la transformation profonde de son modèle, avec la cession de la majorité du capital d'AccorInvest, l'intégration de Mantra en Australie, de Mantis en Afrique du Sud, et l'acquisition de Gekko en France », a commenté le Pdg, Sébastien Bazin dans le communiqué.

Ces acquisitions permettront au second semestre au groupe de « consolider (ses) parts de marchés », estime-t-il. Le groupe a ouvert 20.000 chambres de janvier à juin.

Engagé dans une course à la croissance, AccorHotels prévoit en outre l'ouverture de 67.000 chambres, à 80% situées dans les « marchés émergents ». Il gère déjà plus de 650.000 chambres, dont la moitié en-dehors de l'Europe.

Il a les moyens de ses ambitions, grâce à la cession pour 4,6 milliards d'euros, de la majorité du capital de ses actifs immobiliers, soit 57,8% d'AccorInvest, à des fonds souverains et des investisseurs institutionnels et privés.

Ces fonds financeront notamment un programme de rachat d'actions portant sur un maximum de 1,35 milliard d'euros.

Concernant l'activité hôtelière du premier semestre, le RevPAR (revenu par chambre disponible, ndlr) de son pôle HotelServices a progressé de 5,1%, porté par tous les segments de l'offre, tant le milieu de gamme (+5,4%), que l'économique (+5,2%), ou le luxe/haut de gamme (+4,6%).

« Les grèves ont eu un impact tout à fait marginal sur notre activité en France, c'est une bonne nouvelle », a souligné le directeur financier.

AccorHotels gère quelque 4.530 hôtels et résidences, ainsi que 10.000 résidences privées de luxe dans le monde entier.

Son portefeuille comprend des enseignes de luxe telles que Raffles, Fairmont, Sofitel Legend, Pullman et Swissôtel, des marques et boutiques hôtels milieu de gamme comme Novotel, Mercure, Mama Shelter et Adagio, des enseignes économiques telles que ibis, ibis Styles ou ibis budget, ou encore des enseignes régionales.

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