Abidjan-Newark (Usa): Un vol paisible de 10h pour 8282 kilomètres

Annoncée en grande pompe, la desserte de la ligne directe de Côte d’Ivoire aux Etats-Unis, assurée par la compagnie Ethiopian Airlines, est effective depuis samedi.

Ça y est. Les Ivoiriens et les opérateurs économiques basés aux Etats-Unis ne se soumettront plus aux affres des escales et de longues attentes pour rallier la Côte d’Ivoire. Et pour cause, la premier vol direct entre Abidjan et New York a eu lieu dans la nuit du samedi à dimanche.

Après une cérémonie officielle de lancement, les passagers admis sur ce premier vol sont soumis aux formalités d’enregistrement, avec une équipe d’agents de sûreté (Avisecure) dédiée et très rigoureuse. Car, après le passage au scanner des bagages en main, tous sont encore invités à une fouille systématique même le personnel et l’équipage pour avoir accès à la salle d’embarquement.

«En sera-t-il ainsi pour tous les vols? », interroge-je un agent d’Avisecure. « Oui, on le fait tous les jours, mais une fouille un peu plus poussée principalement pour les vols sur les Etats-Unis », répond-il. La sécurité à tous les niveaux ! Après environ deux heures d’attente, c’est finalement à 14h 58 minutes (heure Gmt) que l’appareil a décollé d’Abidjan, après son arrosage 8 minutes plus tôt. Un moment de vives émotions qui a été applaudi par les passagers de ce premier vol reliant la Côte d’Ivoire aux Etats-Unis. Dans le secteur aéroportuaire, un avion est arrosé au départ et à l’arrivée, quand il inaugure une nouvelle ligne.

« Pour ce premier vol, nous comptons environ 200 passagers. C’est encourageant. La classe affaire de 24 places est pleine. Et nous avons été obligés de déclasser certains passagers qui ont des billets de classes affaires pour les mettre en place économique, malgré nous. C’est la preuve qu’il y a un engouement », se félicite Bamba Brahima, directeur commercial de la compagnie Ethiopian Airlines.

Les consignes de sécurité données (comme sur tous les vols), tous les passagers sont installés, visiblement heureux d’être à bord
du Boeing 787 Dreamliner de la compagnie Ethiopian Airlines. « C’est une fierté pour la Côte d’Ivoire. Cela fait plusieurs années que l’on court après ce vol direct entre les Etats-Unis et notre pays. Aujourd’hui, c’est chose faite. Nous avons une forte diaspora aux Etats-Unis et dans les environs. Ce vol direct permettra non seulement de minimiser les coûts mais de réduire le temps de voyage. Ce qui n’est pas rien, en terme économique », soutient Soumahoro Anliou, directeur de cabinet du ministre des Affaires présidentielles.

Le ministre Diakité Coty,  n’en dit pas plus : « Ce vol est très bien venu pour nous qui nous déplaçons beaucoup vers les Etats-Unis. Cela va nous faciliter nos rendez-vous. Je pense que la majeure partie des Ivoiriens opteront dorénavant pour ce vol direct. Surtout qu’on nous dit que nous aurons quatre vols par semaine, deux à New York et deux à Washington. Je crois que les Ivoiriens sont bien servis. Je remercie le ministre des Transports et ses collaborateurs qui nous ont permis de faire ce vol inaugural ».

Les hôtesses sont aux petits soins des premiers passagers de cette ligne directe, composés d’une délégation officielle du gouvernement ivoirien conduite par le ministre des Transports, Amadou Koné et des passagers qui ont voulu s'essayer à ce vol direct.

C’est le cas d’Irène Tuo, cadre à la Sgbci qui voyage avec sa fille. « Ce premier vol a coïncidé avec un rendez-vous que j’avais aux Etats-Unis et j’ai sauté sur l’occasion. Depuis le début de l’année, c’est la troisième fois que je vais à New York. L’opportunité était belle pour éviter les escales. Les autres fois, on transitait par Paris ou par Bruxelles et c’était beaucoup plus long et beaucoup plus cher. De plus, c’est le tout premier vol direct Abidjan-New York, il fallait donc rentrer dans l’histoire. Car, on était frustré de savoir que des pays de la sous-région faisaient déjà cette ligne directe », soutient-elle.

Premier vol, contexte donc particulier, il faut agrémenter le voyage. Les responsables de la compagnie ont mis tout en œuvre pour combler au mieux ces dix heures de vol pour une distance de 8282 kilomètres: entre apéritif, déjeuner et dîner, une coupure de gâteau, en plein vol pour marquer cette grande première.

Les ministres Siandou Fofona du Tourisme et Amadou Koné des Transports se prêtent à cet exercice, sous les applaudissements des passagers. « Ce premier vol est très important pour nous les Africains et pour toute l’Afrique. Avant nous partions d’Addis-Abeba à Lomé pour relier New York. Je pense, c’est plus bénéfique de partir directement d’Abidjan », se réjouit Ezra Samuel, un passager d’origine éthiopienne.

Le vol est paisible jusqu’à la trentaine de minutes de l’atterrissage où  la traversée d’une zone de turbulence a donné quelques frayeurs dans la cabine.  Silence de cimetière. Personne ne parle à son voisin et chacun vivait intérieurement ce temps de turbulence. Même les hôtesses invitées à contrôler si les passagers ont mis leurs ceintures de sécurité n’ont pu le faire.  Mais cette grande frayeur va être noyée par le
spectacle de l’arrosage à l’arrivée sur le tarmac de l'aéroport international de Newark-Liberty sis dans la banlieue ouest de New York entre les villes de Newark et Elizabeth dans l'État du New Jersey aux États-Unis.

Une autre  surprise a été réservée à la délégation ministérielle par les patrons de la compagnie Ethiopian Airlines qui ont offert un pot d’honneur suivi de coupure de gâteau à leurs hôtes. Marquant leur joie d’accueillir ce vol. Moments féeriques dans l’histoire des transports aériens de Côte d’Ivoire.


GERMAINE BONI
envoyée spéciale à New York

https://www.fratmat.info/

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