Quel avenir pour Corsair ?

« Actuellement, nous menons des discussions pour identifier un partenaire stratégique. Le degré d’implication dans le capital peut être variable mais l’objectif est de s’adosser à un partenaire aérien qui accompagne la compagnie Corsair dans sa volonté de développement et d’accélération de la croissance. Nous avons des offres très très crédibles et d’ici quelques semaines tout cela devrait être clarifié ». Dans une interview vidéo donnée le 18 avril dernier au site Internet lesechos.fr, Pascal de Izaguirre, président de TUI France et PDG de Corsair ne faisait pas de mystère de l’avenir de sa compagnie.

Une compagnie à vendre depuis des années

On sait que depuis au moins l’année 2015 et le rachat avorté de Corsair par le groupe Dubreuil (Air Caraïbes, French bee) et, encore plus depuis la fin de l’année dernière avec l’engagement de la banque Rothschild pour trouver un repreneur, la compagnie française n’entre plus dans les plans de TUI. Le géant touristique européen ne se désengage pas pour autant du transport aérien car à travers ses différentes compagnies, le groupe compte environ 150 appareils, dont certain qu’il n’hésite pas à positionner au départ de France, au service de ses activités tour operating.

Alors qui pourrait bien avoir mis cette offre « très très crédible » sur la table ? Il y a 10 jours, notre confrère Tourmag évoquait un groupe industriel allemand ou une compagnie chinoise.

Exit l’hypothèse Aigle Azur et HNA

Vu la proximité existante entre Corsair International et Aigle Azur (avec le partage de code sur la route Paris – Bamako et au-delà) on pourrait penser au groupe Chinois HNA, actionnaire d’Aigle Azur à hauteur de 48% et également maison mère de Hainan Airlines, la 4e compagnie chinoise. Chez Aigle Azur, on nous a indiqué « n’être absolument pas impliqué dans le processus ». Ce qui, bien sûr, ne veut pas dire que l’actionnaire chinois de la compagnie française ne l’est pas, mais tout de même ce serait étonnant.

Qui plus est, HNA est actuellement dans le collimateur des autorités de Pékin pour cause de dette astronomique. Et est plutôt dans une logique de désengagement et de cession d’activités, même si entre des délestages dans les secteurs de l’hôtellerie (avec Hilton par exemple) à plusieurs milliards de dollars et un investissement dans Corsair, les sommes en jeux sont sans comparaison.

Une liste de compagnies chinoise qui se rétrécit

Au rayon des compagnies chinoises, la liste se rétrécit. On citera parmi les plus importantes, Air China (membre de Star Alliance), China Eastern (entrée au capital d’Air France KLM et membre de Skyteam, en joint-venture avec AF KLM) et China Southern (membre de Skyteam, également en JV avec AF KLM et dont American Airlines (Oneworld) a pris 2,5% de capital) ou, pourquoi pas, Xiamen Air (filiale de China Southern). A cela on peut ajouter une multitude d’opérateurs d’une taille inférieure.

Un groupe allemand ?

Reste l’hypothèse du groupe industriel allemand. S’il s’agit comme l’a dit Pascal de Izaguirre, d’un partenaire aérien, ce pourrait être le groupe Lufthansa. Après tout, nous n’en sommes plus à une conjecture près et ce dernier a déjà montré qu’il était capable de saisir sa chance d’augmenter son périmètre à moindre cout au moment de la faillite d’Air Berlin.

Le comité d’entreprise ordinaire prévu aujourd’hui (jeudi 26 avril) pourrait peut-être apporter un début de réponse.

Par Mathieu Garcia