Aéroport de Douala : les compagnies aériennes tirent la sonnette d’alarme, la direction promet des travaux imminents

Les chefs d’escale de 15 compagnies aériennes ont envoyé au directeur général et au président du conseil d’administration des Aéroports du Cameroun un courrier protestant contre l’état de l’aéroport de Douala. « Un malentendu », estime le directeur général de la société aéroportuaire, qui annonce le début imminent des travaux de rénovation.

Dans une lettre datée du 5 février dernier, les adhérents de la Airline Operators Committee (AOC) de Douala, l’association regroupant les compagnies aériennes desservant l’aéroport de la métropole camerounaise, ont fait part aux responsables de l’aéroport de leur « préoccupation » quant à l’état général de l’infrastructure.

Les 15 signataires, à savoir Air France, Brussels Airlines, Turkish Airlines, RAM, Ethiopian Airlines, Asky, Karinou Airlines, Kenya Airways, South African Airways, Trans Air Congo, Rwandair, Air Côte d’Ivoire, Cronos, Ceiba et même la compagnie camerounaise Camair-Co, protestent notamment contre le mauvais entretien du matériel informatique et du matériel de piste (chariots, porte-conteneurs, etc.).

 

Le bâtiment est d’une saleté repoussante : peintures défraîchies, murs décrépis, toilettes infréquentables…

 

« Si on exclut quelques parties du cheminement des passagers, le bâtiment est d’une saleté repoussante : peintures défraîchies, murs décrépis, toilettes infréquentables, faux plafonds sales ou manquants, travaux d’aménagement abandonnés, huisseries fatiguées, branchements électriques ou informatiques incohérents aux circuits inconnus… », égrène également la missive, que Jeune Afrique a pu parcourir.

 

Réunion de crise

 

Ce véritable cri d’alarme a fuité dans la presse camerounaise en début de semaine, avec un écho retentissant. « Franchement, on n’avait pas prévu que ça aille si loin », a confié à Jeune Afrique l’un des signataires de la lettre, qui espère cependant que « l’appel a été entendu ».

 

« Le problème est qu’on se réfugie toujours derrière les plans de rénovation à venir, que nous soutenons du reste, pour ne pas entretenir le [lieu, ndlr] existant. À cela s’ajoute la paralysie bureaucratique qui veut que tout remonte d’abord à Yaoundé pour la prise de décision et redescende ensuite très lentement », poursuit notre interlocuteur.

 

C’est un malentendu qui s’est dissipé

 

Ce jeudi 22 février, les deux destinataires de la lettre, Thomas Owona Assoumou (directeur général des Aéroports du Cameroun) et Joseph Pokossy Doumbe (président du conseil d’administration de la société), ont reçu les chefs d’escale de l’association, lors d’une réunion de crise.

 

Travaux de rénovation

 

« C’est un malentendu qui s’est dissipé », a expliqué Thomas Owona Assoumou, joint au téléphone par Jeune Afrique ce vendredi 23 février. « Il y a certes, comme dans bon nombre d’aéroports, des dysfonctionnements, et les compagnies se demandaient si des travaux seraient faits. J’ai pu les rassurer : nous commençons très prochainement des travaux pour lesquels nous avons obtenu un financement de l’AFD [Agence française de développement, ndlr] », assure-t-il.

 

Je suis surpris que tout cela ait pris une telle ampleur, car l’état de fonctionnement général de l’aéroport de Douala n’est pas alarmant

 

L’Agence française de développement a en effet validé en 2016 un prêt concessionnel souverain de 46 millions d’euros sur quatre ans, à destination de la société aéroportuaire camerounaise, pour rénover l’aéroport.Si la première partie, la rénovation de la piste, a été menée dès mars 2016, la suivante, qui concerne l’aérogare, a pris du retard. Selon nos informations, le dossier d’appel d’offres est en cours de réalisation et devrait être lancé dans les prochaines semaines, pour un début des travaux avant le mois de septembre. Ce chantier se poursuivra ensuite pendant deux ans.

 

« Je suis surpris que tout cela ait pris une telle ampleur, car l’état de fonctionnement général de l’aéroport de Douala n’est pas alarmant », poursuit Thomas Owona Assoumou, qui craint que les chefs d’escale n’aient signé « un peu vite » le courrier rédigé par le président de leur association, qui représente la compagnie Air France. Ce que conteste une de nos sources, étrangère à cette compagnie, qui assure avoir signé ce texte en toute conscience et s’y reconnaître tout à fait.