Affaire « Explosif, Grosse Frayeur sur un vol d’Air Côte d’Ivoire » : la mise au point de la direction générale de la compagnie aérienne

Suite à un article d'un confrère repris sur Abidjan.net relatif à Air Côte d'Ivoire, la direction générale de la compagnie a produit un "courrier de désaccord et de réclamation". Ci-dessous, l'intégralité du document.

Monsieur le directeur de publication,

Suite à la parution de votre article sur la compagnie Air Côte d'Ivoire dans le numéro de Soir Info cité en objet (ndlr : Soir Info N°7008 du mardi 20 février 2018), titré en première de couverture: «Explosif, Grosse Frayeur sur un vol d'Air Côte d'Ivoire » , nous vous adressons ce courrier de désaccord et de réclamation.

En effet, cet article revêt un caractère très subjectif et diffamatoire qui porte gravement atteinte à l'image et à la fiabilité de la compagnie, ce qui est inacceptable dans une activité aussi sensible que la nôtre.

Notez monsieur que, dans le transport aérien, il arrive régulièrement que plusieurs types d'incidents impactent le déroulement normal des vols notamment les collisions aviaires, les turbulences météorologiques, des incidents techniques constatés avant, après ou même pendant le vol comme ce fut le cas sur notre liaison Lagos-Abidjan du 17 février 2018, qui a enregistré une alerte de dysfonctionnement du système hydraulique du train d'atterrissage.

Sachez que la panne hydraulique n'affecte en rien ni la capacité de vol de l'avion, ni l'atterrissage, grâce à un deuxième circuit prévu pour prendre la relève en cas de panne du premier. Dans le cas d'espèce, la sortie du train d'atterrissage se fait manuellement en 3 ou 4 minutes en lieu et place d'une manœuvre automatique en 30 secondes.

Une fois l'avion au sol, le circuit hydraulique en panne n'alimente plus le guidage de la roue de proue. Pour sortir de la piste, le pilote peut soit appeler un tracteur pour tracter l'avion au parking ou manœuvrer avec l'une ou l'autre des hélices. Cette procédure prévue par le constructeur est considérée comme normale.

Toutefois, pour se préparer à d'éventuelles difficultés imprévues après l'atterrissage, la procédure prévoit une préparation de la cabine pour une évacuation d'urgence.

Pour cette raison, l'équipage donne des instructions préventives aux passagers par mesure de précaution. Pour les passagers cela peut sembler anormal et effrayant mais il s'agit d'un vol considéré comme normal et à aucun moment de ce vol ou à l'atterrissage, les passagers et l'équipage ont été mis en danger.

Les équipages et les équipes au sol sont formés pour faire face à tous ces cas de figure et la procédure d'assistance au sol n'est activée que quand l'incident est avéré, ce qui n'a pas été le cas.

Nous déplorons donc:

• L'aggravation de l'incident par votre journal avec un titre très alarmiste en première de couverture,

 La non-utilisation de l'image de l'avion concerné mais celle d'un autre avion

La mauvaise interprétation de la procédure d'urgence, altérant la perception de l'opinion publique sur la fiabilité de la flotte d'Air Côte d'Ivoire

La suggestion de la mise en danger de la vie de nos passagers et de notre équipage sans assistance et prise en charge de notre part.

C'est dans ce sens que s'inscrivaient les propos du Général Abdoulaye COULIBAL Y, PCA d'Air Côte d'Ivoire lors de son entretien avec votre journaliste. Mais au lieu de cette traduction, votre journaliste lui a attribué un récit contraire à l'esprit de leur entretien.

Par la présente, nous réclamons réparation et exigeons que vous apportiez dans les plus brefs délais, un éclaircissement à vos lecteurs afin de rétablir la vérité.

Dans l'attente, nous vous prions de recevoir nos sincères salutations.

René DECUREY
Directeur Général