Le Nigéria n’est pas encore prêt pour l’Open Sky Africain, les transporteurs nigérians avertissent

( Lagos, 26/01/2018, NewsAero)- Les transporteurs aériens du Nigéria regroupés sous l’égide de l’AON (Airlines Operators Nigeria) s’inquiètent de l’adhésion hâtive du Nigéria au Marché unique du transport aérien africain (MUTAA) qui sera officiellement lancé le 28 janvier courant . Ils l’ont fait savoir au gouvernement, mardi 23 janvier 2018, à Lagos au cours de la séance de travail sur l’implémentation du MUTAA organisée par l’Autorité de l’aviation civile.

 

( Lagos, 26/01/2018, NewsAero)- Les transporteurs aériens du Nigéria regroupés sous l’égide de l’AON (Airlines Operators Nigeria) s’inquiètent de l’adhésion hâtive du Nigéria au Marché unique du transport aérien africain (MUTAA) qui sera officiellement lancé le 28 janvier courant . Ils l’ont fait savoir au gouvernement, mardi 23 janvier 2018, à Lagos au cours de la séance de travail sur l’implémentation du MUTAA organisée par l’Autorité de l’aviation civile.

 

 Le Nigéria fait partir des 23 pays africains qui ont signé leur engagement au MUTAA. Sans remettre en cause tous les avantages dont revêt le projet, l’AON par la voix de son président le capitaine Nogie Megisson a indiqué que le pays n’était  pas assez compétitif et les transports nigérians restent défavorisés sur plusieurs points dans un ciel unique africain.

 

« Nous craignons que le timing ne soit pas juste car plusieurs problèmes et défis non résolus auxquels l’aviation nigériane est confrontée finiront par miner les acquis de ce traité qui pourraient être une illusion pour notre cher pays » a souligné capitaine Nogie Megisson.

 

Dans un long réquisitoire, il a soulevé les griefs qui rendraient d’avance le Nigéria perdant dans un marché unique du ciel africain.

 

Le passeport nigérian à l’épreuve des restrictions de circulation en Afrique

 

Il est encore très difficile pour les citoyens nigérians de se mouvoir aisément sur le continent. En effet, les ressortissants du Nigéria ont effet besoin de visas dans près de 34 pays africains.

 

Pour Nogie Megisson, cette difficulté de circulation des nigérians remet en cause la question fondamentale de la libre circulation des personnes et du commerce qui est un aspect essentiel à « l’équité du MUTAA ».

 

Le Poids des taxes   

 

Au Nigéria, l’environnement opérationnel étouffe la croissance des compagnies aériennes locales alors dans d’autres pays africains les transporteurs bénéficient des subventions et des exonérations de l’Etat, explique Nogie Megisson.

 

 « Les compagnies nigérianes paient la TVA alors que la plupart des transporteurs africains en sont exemptés tant dans leurs différents pays qu’au Nigéria, Ceci représente déjà un déficit de 5% dans les marges de manœuvre des transporteurs locaux » a-t-il ajouté.

 

 L’AON a également déploré les conditionnalités onéreuses d’accès aux crédits bancaires. Alors que d’autres transporteurs africains bénéficient d’un accès aux fonds à court terme garantis par le gouvernement à un taux de 2% maximum, au Nigéria les prêts bancaires pour les compagnies s’élèvent à un taux de 28%, rappelle  Nogie Megisson.

 

 La concurrence déloyale

 

L’uniformisation des redevances aéroportuaires et le rééquilibrage du prix du carburant restent deux leviers sur lesquels devraient travailler les autorités nigérianes si elles veulent accompagner leurs transporteurs locaux.

 

A en croire l’AON la disparité des redevances aéroportuaires en Afrique demeure un obstacle à  la compétitivité des compagnies nigérianes. « Lorsque les compagnies aériennes nigérianes volent vers certains pays africains, les frais d’atterrissage leurs sont facturés entre 5 000 à 6 000 dollars alors que les mêmes pays subventionnent leurs opérateurs locaux qui paient 200 dollars pour le même service, mais quand ils arrivent au Nigéria, ils ne paient que 500 dollars, tout comme nos transporteurs locaux » s’etonne  Nogie Megisson.

 

Il en est de même du prix du carburant. « Les compagnies aériennes au Nigéria paient des prix élevés pour le JetA1 en raison de taxes élevées par rapport à d’autres pays où les transporteurs locaux sont exemptés de la TVA et les taxes sur le JetA1 ».

 

Pour lui « le gouvernement devrait veiller à ce que toutes les taxes soient uniformes avant la mise en place du ciel ouvert ».

 

Crainte des investisseurs occidentaux battant pavillon « africain »

 

Avec l’avènement du marché unique, L’AON a par ailleurs exprimé ses inquiétudes de voir l’apparition de nouvelles compagnies africaines dont les responsables pourront être en réalité de gros investisseurs occidentaux qui disposent d’importantes ressources financières.

 

 D’après Nogie Megisson , « il n’y a aucun moyen de déterminer –pour ces compagnies- leur structure actionnariale et de savoir s’ils sont Africains détournant ainsi l’investissement du Nigéria vers les pays voisins avec le marché nigérian comme cible ».

 

 Il invite le gouvernent fédéral à adopter « une politique claire qui permettra aux compagnies aériennes nigérianes de tirer pleinement parti du ciel ouvert ».

 

 Pour rappel, les aéroports du Nigéria ont accueilli 15 232 597 passagers en 2017. Les huit principales compagnies nationales (Air Peace ; Arik Air ; Aero contractors  ,  Dana air ; Medview ; Azman air; Overland et First nation Airways) membres de l’AON ont transportés 10 967 468 passagers sur les lignes domestiques.  L’industrie de l’aviation civile au Nigéria contribue à hauteur de $8.2 milliards PIB au pays et génère près 650 800 emplois, y compris ceux liés au tourisme.

 

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