Dominique Dreuil, Directeur de l’ASAM: « Notre service va avantager les compagnies »

L’assistance aéroportuaire du Mali (ASAM) vient d’obtenir une certification qui lui permet, désormais, d’assurer la maintenance des avions de type Boeing 737 et Airbus A320 en Afrique de l’Ouest.  L’agence pourra, désormais, mettre ses services aux profits de compagnies aussi bien africaines, qu’européennes. Le Directeur Général de ASAM, Dominique Dreuil, revient pour le Journal du Mali sur les retombées et avantages que représente cette certification.

 

Journal du Mali : Vous venez d’obtenir une certification qui vous permet de fournir des services de maintenance en ligne pour les Boeing 737 et Airbus A320, qui desservent Bamako, concrètement qu’est que cela représente ?

 

Dominique Dreuil : Alors, concrètement, cela représente une solution à Bamako pour les compagnies aériennes qui desservent le Mali. Quand un avion arrive, il reste au sol pendant une heure ou deux, le temps de débarquer les passagers qui arrivent et d’embarquer les passagers qui partent. Il peut arriver que le pilote, en l’air, ait détecté une anomalie, dans ce cas dès que l’avion se pose, il faut qu’il soit inspecté pour voir s’il n’a pas subi de dommages ou de problèmes particuliers, c’est ce que l’on appelle la maintenance en ligne. Pour ce faire, il faut qu’il y ait une structure habilitée au sol, avec des techniciens qualifiés, et nous c’est ce que nous venons de faire sous le label Asam Technics. C’est-à-dire que nous avons été désigné organisme de maintenance agrée, l’aviation civile nous a donc autorisés à proposer ce service dans le respect de la réglementation internationale. Ce qui a de fantastique, c’est ce que nous avons aussi la certification européenne. C’est une des plus contraignantes à avoir.

 

Cela fait dix ans qu’ASAM existe, avez-vous procéder à des changements particuliers ces derniers temps pour obtenir ces certifications ?

 

Absolument. C’est beaucoup d’investissements, d’abord humain, pour former et qualifier nos personnels, et ensuite dans l’équipement et les installations. Ce sont des investissements auxquels nous avons dû procéder pour avoir ces certifications.

 

L’aspect économique pour les compagnies n’est pas à négliger ?

 

Tout à fait. Jusqu’à maintenant, il y avait trois solutions pour une compagnie aérienne. La première, c’est d’expatrier un technicien à Bamako, et cela coûte cher. La seconde, c’est mettre un technicien à bord de l’avion, arrivé à Bamako, il descend de l’avion et regarde si tout va bien, en cas de problème il intervient, ensuite, il remonte dans l’avion et il part à Dakar. La troisième solution consiste à prendre le risque de faire partir l’avion et d’espérer qu’il n’y ait pas de problème à l’arrivée.  Nous sommes l’un des rares aéroports en Afrique de l’Ouest en tout cas à proposer ce type de solution au sol pour les avions de type Boeing 737 et Airbus A320 et c’est extrêmement intéressant pour les compagnies. D’une part, elles n’ont plus besoin de technicien au sol expatrié qui coûte très cher et d’autre part elles n’auront plus recours à des techniciens payés pour voler. Notre service va avantager grandement les compagnies et donc, contribuer à abaisser les coûts d’exploitations, c’est un réel avantage et une sécurité pour ces compagnies-là qui savent désormais qu’à Bamako, elles vont trouver un support.

 

Abaisser le coût d’exploitation, cela veut-il dire meilleure tarif sur les billets pour les passagers ?

 

Cela jouera sur les tarifs à la fin. Ce n’est pas uniquement cela qui fera baisser le prix du billet d’avion, mais cela va y contribuer.

 

Des compagnies ont-elles déjà bénéficié de vos services ?

 

Nous avons un client depuis très longtemps qui est Royal Air Maroc, il y a aussi Aigle Azur. Ensuite, nous intervenons ponctuellement pour certaines compagnies qui ont des problèmes. Nous avons déjà des demandes, Rwandair a signé un contrat avec nous, ils ne sont pas encore là mais ils ont déjà signé. Plusieurs compagnies nous approchent également pour nous faire part de leur intérêt.

 Publié le 21.12.2017 à 13h38 par Boubacar Sidiki Haïdara / www.journaldumali.com

Quelles sont les prochaines étapes pour ASAM ?

 

Déjà d’élargir nos services à plus d’avions. Pour l’heure ce sont les Boeing 737 et les Airbus A320 qui sont concernés par nos certifications.  Ces deux avions représentent déjà 60 % des avions qui se posent à Bamako. Mais, à l’avenir nous aimerions traiter beaucoup d’autres appareils (Boeing 757, 777) et aller sur d’autres secteurs avions.  À l’avenir, proposer d’autres services aéronautiques.