Air Sénégal, attention la Camer-Co arrive !

 

Un jour après l’ouverture officielle de l’aéroport international Blaise Diagne de Dakar, la compagnie nationale camerounaise, Camer-Co, a effectué son premier vol inaugural en direction de  Dakar, porte d’entrée de l’Afrique de l’Ouest pour ce nouveau venu. Voici un sérieux concurrent par la compagnie arienne sénégalaise naissante. Théoriquement, Sénégal Airlines devrait démarrer ses activités en même temps que l’AIBD.  Reste à savoir si cette dernière compagnie nationale sénégalaise, sera la meilleure qui sera pérenne et apportera la croissance au pays tiré de l’aérien.

 

Une chose est certaine, la concurrence  avec les autres compagnies africaines, voire étrangères, sera sans merci. C’est le cas de Camer-Co qui a réussi son implantation en Afrique centrale, en commençant par le Cameroun,  avant de tenter de  se lancer à la conquête du marché d’Afrique de l’Ouest à partir de Dakar.  Air Sénégal doit donc se tenir prête. «Nous avons commencé par le Cameroun d’abord, nous avons atteint un certain niveau qui nous permet de catalyser une certaine dynamique aujourd’hui : c’est le cap sur le régional. D’abord par rapport au Cameroun nous avons dépassé 200.000 passagers en 11 mois. Il est important de commencer à prendre les parts de marché nécessaires», a dit Ernest Dikoum, le directeur général de la Camer-Co interrogé par Africa24. C’est donc clairement, après avoir assuré quelques acquis en Afrique centrale et à l’étranger que la compagnie aérienne a jugé bonne d’exploiter le marché ouest-africain.

 

A compter du 15 décembre  Camer-Co desservira Dakar avec 4 vols commerciaux par ce semaine  en passant par Abidjan, et à partir de janvier,  ce sera 7 vols par semaine en passant par  Lagos et Cotonou, relève, Georges Njamkepo, le chef du département marketing et e-commerce de la compagnie. «La compagnie Camer-Co considère que entre l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale, il y a possibilité, il a possibilité de créer une chaine de valeur », a-t-il soutenu. Avec actuellement 13 destinations actuellement dont 7 domestiques, le taux e croissance de la compagnie camerounaise serait en nette progression avec un taux de remplissage de plus de 51% selon la direction.

 

Selon les responsables de la compagnie de la compagnie camerounaise, le taux de régularité serait au-dessus de 86% suivi du taux de ponctualité qui s’établit à 71%. Le chiffre d’affaire quant à lui, est en  augmentation de près de 30%. Concrètement, les recettes mensuelles ont connu un bon passant de 400 millions de francs à 2 milliards de francs cfa, avec 200.000 voyageurs en 11 mois. Voici le contexte dans lequel Camer-Co vient opérer à Dakar. C’est dire que quelque part, Camer-Co a une longueur d’avance sur Air Sénégal, qui devrait rapidement travailler d’arrache-pied pour pouvoir tenir cette concurrence que compte imposer la compagnie camerounaise.

 

Bien sûr que sur place, la Camer-Co devra faire face aussi aux compagnies comme Air Cote d’ Ivoire qui a déjà une bonne assise, mais aussi Asky, entre autres qui opèrent déjà sur la plateforme de Dakar. Alors que Air Sénégal n’est créé que récemment, émergé des cendres de la défunte Sénégal Airlines, elle-même née après la disparition de Air Sénégal international.

 

On a justifié la nomination du français Philippe Bohn, ancien vice-président d’Airbus à la tête de la nouvelle compagnie en prétextant vouloir profiter de son carnet d’adresse pour mener la compagnie plus loin, plus haut afin qu’elle ne connaisse le sort des précédentes. Espérons que cela fonctionne bien.

 

D’ailleurs ce nouveau projet semble amuser certains sénégalais comme cet internaute qui se demande : «Combien d’Air Sénégal ont été créés depuis la fin d’Air Afrique ? A chaque fois, détournement et faillite et on recommence à 0». Le problème est peut-être bien plus profond que la question de la gestion qui n’est pas moins importante certes.

 

Posséder une compagnie aérienne nationale est, dans une certaine mesure, un attribut de souveraineté pour un pays. Et c’est bien. C’est une fierté. Mais posséder une compagnie juste pour en posséder n’en vaut pas la peine. Comme le disait Ernest Dikoum, dans le journal Le Pays au quotidien. « Les Africains doivent savoir que l’aérien, ce n’est pas juste le transport, ça demande aussi les moyens. Lorsqu’on s’y investit, il faut y mettre les moyens. Donc le plus important dans l’aérien, c’est vraiment les moyens nécessaires pour la maintenance des aéronefs, un aspect à ne pas négliger »

 

Des compagnies nationales peu viables

 

Donc  chaque pays lance sa compagnie en solo, mais la question c’est e savoir si les pays ont des moyens conséquents de faire marcher sérieusement une compagnie aérienne et tirer son épingle du jeu face aux mastodontes comme Emirates, Air France, Lufthansa et autres ?  Sur le continent à part Ethiopian, South african Airways et peut-être Kenya Airways,  on se demande quelles compagnie arrive à tirer son épingle du jeu. Même si en Afrique de l’Ouest, Air Côte d’Ivoire et Asky.

 

C’est très louable que le Sénégal crée, de nouveau, une nouvelle compagnie après la disparition d’Air Sénégal international et plus récemment de Sénégal Airlines.  Espérons que cette fois sera la bonne et que la nouvelle ne subisse le sort de l’avant dernière, au risque de se retrouver dans une situation d’éternel recommencement.

 

Nous pensons qu’après la disparition d’Air Afrique qui était un autre symbole d’intégration, le projet d’une nouvelle compagnie panafricaine devrait être pensé afin de faire face aux géants.

 

Comme  le Sénégal d’ailleurs, la compagnie  camerounaise  a connu des difficultés et est tombée en hibernation avant qu’elle ne soit remise en selle.  Et c’est à Ernest Dikoum, l’ancien directeur régional Afrique de l’Ouest du Centre de la grande compagnie Emirates, alors  basé ici à Dakar, que l’Etat camerounais a fait appel. Vraisemblablement il a réussi sa mission et se donne des ambitions plus grandes.

 

En ce moment la compagnie tunisienne Tunisair envisage également un bon maillage de la sous-région ouest-africaine. De 4 vols sur Dakar, elle va passer à 6. Elle compte aussi ouvrir des lignes sur Lomé, Cotonou. Noël SAMBOU : senenews.com

 

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