La COMAC fait voler son C919, première tentative chinoise de rupture du duopole Airbus-Boeing

Cela faisait plus de sept ans que l’industrie et le gouvernement chinois attendaient cela. Le premier C919 a pris son envol le 5 mai à 14h heure locale (8h heure de Paris) depuis l’aéroport de Shanghai Pudong, où se situe sa ligne d’assemblage. Durant ce vol inaugural, le monocouloir a atteint une altitude de 10 000 pieds et l’équipage a testé ses systèmes principaux et évalué sa navigabilité. L’atterrissage a eu lieu sans encombre au bout de 1h20 d’essai.

La COMAC fait ainsi un pas significatif vers son entrée dans le club des constructeurs de monocouloirs. Ce premier vol concrétise son ambition de briser le duopole Airbus-Boeing. Un rêve qu’elle devra poursuivre en Chine en premier lieu puisque l’essentiel des commandes vient de son marché domestique, mais qui devrait déjà lui assurer de l’activité au vu des prévisions croissance de la région.

Reste désormais à ne pas répéter la déroute de l’ARJ21, le jet régional dont le développement a enregistré huit ans de retard et dont seuls trois appareils ont été mis en service depuis fin 2015 – encore ne volent-ils pas souvent. Mais si son développement a lui aussi pris du retard (quatre ans), le C919 bénéficie d’un soutien accru du gouvernement, d’une meilleure organisation et s’appuie également sur des technologies occidentales éprouvées. L’exemple le plus flamboyant est le recours aux moteurs LEAP-1C de CFMI intégrés dans des nacelles de Nexcelle. Safran n’est pas le seul industriel français à travailler sur l’appareil puisque des équipements de Zodiac Aerospace, Liebherr Aerospace, Michelin ou encore Ratier-Figeac seront dessus, aux côtés d’américains dont Honeywell, Rockwell-Collins ou Hamilton Sundstrand.

Le C919 va désormais poursuivre son programme d’essais. Selon Bao Pengli, directeur de la filiale de COMAC Shanghai Aircraft Manufacturing, deux appareils sont assemblés et quatre autres sont prévus d’ici 2019. Si l’avionneur a cessé de mettre à jour la date d’entrée en service au fur et à mesure des annonces de retard et si celle-ci était prévue pour 2018 lors de la dernière, elle devrait plutôt avoir lieu autour de 2019-2020, deux à trois ans d’essais étant désormais nécessaires à la COMAC pour certifier l’appareil.

Le monocouloir devrait être capable transporter entre 158 et 168 passagers et être doté d’un rayon d’action de 4 075 km. Il a enregistré des commandes pour 570 appareils et entrera en service auprès de China Eastern. Emilie Drab :airinfo.org

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