Camair-Co : L’instabilité managériale en prime :: CAMEROON

En 11 années d’existence, la compagnie aérienne nationale du Cameroun qui peine à décoller a déjà connu six directeurs généraux et quatre PCA.

«Je voudrais exprimer au président du conseil d’administration sortant la gratitude du gouvernement pour les efforts qu’il a déployés plus de sept mois durant, à la tête du conseil d’administration de Camair-Co ». Ainsi s’adressait le ministre des Transports, Mebe Ngo’o à l’endroit de Mefiro Oumarou, PCA déchu de la Camair-Co. Si le fait peut paraître banal à première vue, il convient néanmoins de relever que cette formule rituelle a été prononcée hier pour la 3ème fois depuis la création de la Camair-Co, le 11 Septembre 2006, par décret du président de la République.

Cela témoigne d’une réelle instabilité managériale au sein de cette entreprise qui a l’Etat du Cameroun comme unique actionnaire. En 10 ans et 7 mois d’existence, la Camair-Co a déjà vu défiler à la tête de ses instances pas moins de quatre PCA et six DG sans que cela ne lui permette de sortir de la zone de turbulence dans laquelle elle semble plongée depuis le démarrage de ses activités.

« Durablement plongée dans une situation de déliquescence caractérisée de son exploitation, le président de la République a pris la décision de conduire personnellement le redressement de la compagnie », reconnaît le ministre des transports (Mint) Edgar Alain Mebe Ngo?o. A en croire le Mint, la nomination de Louis Roger Njipendi Kouotou s’inscrit dans le cadre des actions mises en oeuvre pour accompagner le plan de relance de la compagnie qui constitue une cause nationale et l’un des porte-étendards de la souveraineté nationale, au même titre que les Lions Indomptables, de l’armée camerounaise.

« Le chef de l’Etat a pris d’importantes mesures devant permettre l’envol définitif et irréversible de Camair-Co », indique le ministre de tutelle de la Camair-Co. Parmi les actions fortes matérialisant la volonté politique de redressement, le Mint relève la mise à disponibilité par le chef de l’Etat de la subvention de 30 milliards de FCFA représentant la première tranche du financement du plan de redressement, et qui a permis l’acquisition récente de deux avions Boeing 737-700 NG, antérieurement loués auprès d’Aviation Capital Group (ACG). Mais le fait le plus marquant est le bilan largement positif dont Edgar Alain Mebe Ngo?o crédite Ernest Dikoum, qui a des années durant, occupé d’importantes fonctions dans l’une des meilleures compagnies aériennes du monde, depuis sa désignation comme DG de Camair-Co.

Ce qui pourrait laisser croire que l’on s’achemine vers la fin du cycle d’instabilité au top management de l’« Etoile du Cameroun ». Selon le Mint, sous l’impulsion du nouveau DG, le plan de relance de Boeing est en implémentation dans le réseau domestique en attendant que la compagnie se déploie dans le réseau régional et intercontinental. Ernest Dikoum a également pris, en interne, des mesures salutaires, notamment « pour la réduction des charges, la réintégration par camair-Co de son siège social de Bonanjo à Douala et la couverture aérienne satisfaisante lors de certains événements importants », précise le Mint, citant en exemple l’effondrement d’un pont sur la route nationale N°3 à Manyaï ou les coupes d’Afrique des nations (CAN) féminine et masculine qui se sont disputées au Cameroun et au Gabon respectivement en 2016 et 2017.

« Dans le même temps, la couverture aérienne hebdomadaire de Camair-Co s’est élevée à plus de 70% pour un taux de ponctualité estimé à 76%, sans oublier le maintien d’un bon climat social au sein de l’entreprise », énumère Edgar Alain Mebe Ngo?o. Toutefois, l’on ne sait pas encore grand-chose des raisons qui ont conduit à l’éjection de Mefiro Oumarou, même si l’on évoque de plus en plus ses relations tumultueuses avec son patron. © LE QUOTIDIEN DE L’ECONOMIE : SO ; .camer.be

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