Alitalia : les salariés rejettent le plan de restructuration

Consultés par référendum, les salariés d’Alitalia ont rejeté à une large majorité le plan de restructuration. C’est désormais un avenir très incertain qui s’offre à la compagnie italienne en difficulté, avec sa possible mise sous administration extraordinaire.

Plus de 80 % des 12.500 employés ont pris part à la consultation entre jeudi et lundi après-midi. Le « non » a recueilli 67% des suffrages avec 6.816 voix contre 3.206 pour le « oui », ont annoncé mardi les syndicats cités par l’agence de presse Ansa.

Les salariés ont donc rejeté le plan négocié entre la direction d’Alitalia et les syndicats, prévoyant 1.700 suppressions de postes et une baisse de salaire de 8% pour le personnel navigant. Le gouvernement italien, qui a fait office de médiateur ces dernières semaines, a exprimé « regret et consternation à l’issue du référendum chez Alitalia, qui menace le plan de recapitalisation de l’entreprise » . Ce week-end, il avait insisté qu’il n’y avait pas de solution alternative. La compagnie aérienne manque de liquidités et ses actionnaires, Etihad Airways à 49% et les banques UniCredit et Intesa Sanpaolo, n’entendaient pas la renflouer à défaut d’un accord sur sa restructuration.

« À ce stade, l’objectif du gouvernement, en attendant de voir ce que décideront les actionnaires actuels d’Alitalia, sera de minimiser les coûts pour les citoyens et les voyageurs italiens » , ont indiqué dans un communiqué commun les ministres du développement Carlo Calenda, des Transport Graziano Delrio et du Travail Giuliano Poletti.

La victoire du « non » ouvre la voie à un scénario complexe. Le Conseil d’administration doit se réunir ce mardi. Selon toute hypothèse, les actionnaires pourraient décider de remettre les clés d’Alitalia au gouvernement en demandant l’activation de la procédure d’administration extraordinaire publique.

Une fois cette demande formalisée, le ministère du Développement économique procéderait à la nomination d’un ou plusieurs commissaires (jusqu’à 3) qui auront la charge de trouver un éventuel repreneur ou de nouveaux prêteurs. À défaut, ils devraient constater la faillite de l’entreprise ce qui entrainerait une déclaration d’insolvabilité par la Justice italienne. Un syndic de faillite commencerait alors la liquidation de la compagnie.

face à ce scénario, le syndicat USB a demandé « la réouverture immédiate des négociations » après « le non des salariés » . Jérôme RENAUD / airinfo.org

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