Tunisie : reprise progressive des vols de la compagnie Tunisair

Après avoir cloué au sol durant plusieurs heures l’ensemble de sa flotte, la compagnie nationale Tunisair a annoncé ce jeudi après-midi par communiqué la reprise « partielle et progressive » de ses vols.

Tunisair avait annoncé en matinée la suspension « jusqu’à nouvel ordre » de tous ses vols en raison de vives « tensions » depuis plusieurs semaines entre certains de ses pilotes et mécaniciens. Une bagarre avait éclaté ce jeudi 9 mars au matin, entre personnels navigant et techniciens, au départ d’un vol à destination de Paris.

Enquête administrative en cours

D’après Tunisair, des « discussions » ont eu lieu avec les « parties syndicales », et des « mesures transitoires fermes » ont été prises, dans l’attente des « résultats de l’enquête administrative ouverte ».

La compagnie aérienne tunisienne avertit toutefois d’une « poursuite des perturbations » sur ses lignes « dans l’attente d’une solution globale dans les meilleurs délais », sans donner davantage de précisions.

Le gouvernement sévira contre tous ceux qui sont impliqués dans « cette crise fabriquée de toutes pièces », ayant entravé les activités de la compagnie, a fait de son côté savoir le ministère des Transports. « Des sanctions seront prises à l’encontre de toute personne impliquée dans le blocage des vols de la compagnie », a confirmé à l’agence TAP son ministre Anis Ghdira en se rendant jeudi matin à l’aéroport.

Ajoutant que » le désordre est dorénavant, inadmissible » et que le prestige de l’État ainsi que la suprématie de la loi justifiaient une « intervention ferme » contre « toutes les formes d’anarchie ».

Un problème d’uniforme

À la mi-journée, plusieurs cars de police étaient stationnés devant le principal aérogare, a constaté un journaliste de l’AFP, et une cellule de crise avait été mise en place.

D’après des médias locaux, le litige entre pilotes et techniciens portait sur des questions d’uniforme − les premiers n’ayant visiblement pas apprécié de porter le même que les seconds −. Des mécaniciens auraient en outre tenu un récent sit-in devant le siège du puissant syndicat UGTT pour « dénoncer la façon dont ils sont traités par les pilotes ».

La compagnie nationale tunisienne dispose au total d’une flotte de 29 appareils, et propose des vols quotidiens à destination de l’Europe, de l’Afrique et du Moyen-Orient. Grâce à l’acquisition récente d’Airbus A330, la compagnie tunisienne a récemment ouvert une ligne transatlantique sur Montréal, où vit une importante communauté tunisienne. En France, elle dessert Paris mais aussi de nombreuses autres villes (Lyon, Marseille, Nice ou encore Toulouse).

Une compagnie en difficulté

Tunisair a été confrontée à des difficultés financières et sociales depuis la révolution de 2011. Elle a été en particulier affectée par la crise du secteur touristique après les attentats du musée du Bardo et de Sousse, en 2015. Des rumeurs de suppressions d’emplois ont couru tout au long de 2016, qui a toutefois marqué un léger redressement pour la compagnie : en fin d’année, elle a fait état d’une hausse de près de 10% de son trafic passagers sur un an.

En décembre, elle a par ailleurs annoncé être parvenue à vendre à Turkish Airlines, pour 73 millions d’euros, un Airbus A340 initialement destiné à l’ex-président Zine el Abidine Ben Ali. Le coût de son stationnement à Bordeaux (France) pesait depuis des années sur les comptes de l’entreprise. Par Jeune Afrique avec AFP : jeuneafrique.com

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