Camair-Co, un problème d’homme: Voici l’analyse mitigée des experts sur l’épineux problème de la compagnie aérienne nationale

Certains pensent qu’Ernest Dikoum, le nouveau Directeur Général est programmé pour échouer.

Nommé il y a seulement quelques jours comme Directeur Général (DG) de Camair-Co, l’étoile du Cameroun, d’aucuns croient qu’Ernest Dikoum ne réussira pas le pari de redresser la compagnie nationale aérienne. Surtout avec l’incident survenu le 25 août dernier à l’aéroport international de Douala avec les pèlerins se rendant à La Mecque, en Arabie saoudite. Des experts interrogés sur le sujet donnent leur point de vue.

Le Dr Ariel Ngitedem, économiste et spécialiste des finances publiques, indique que «rien n’empêche le nouveau Directeur Général de réussir là où tous les autres ont échoué». Il ajoute: «on ne peut pas dire que le problème de Camair-Co est un problème d’hommes. Mais les hommes ont leur place dans ce problème. Car la gestion de Nana Sandjo n’était pas toujours la plus orthodoxe. A la Camair-Co, le recrutement n’est pas en phase avec les exigences de bonne gestion. Une société à capital mixte comme Camair-Co c’est d’abord une société qui devrait être rentable. On n’a pas vu ce souci de rentabilité dans le recrutement du personnel. Quand on voit le ratio entre le personnel et le nombre d’avions, c’est loin du standard international. Alors le problème d’homme se pose».

L’économiste Célestin Tchacounté Lengue pense qu’«il ne suffit pas qu’un cadre compétent arrive pour que les choses changent». Il déclare que «s’il s’agissait d’un problème d’homme uniquement, il serait déjà résolu puisque M Dikoum est le 6e DG depuis 2011. Évidemment il faut des hommes compétents pour assurer la saine gestion d’une entreprise comme Camair-Co qui évolue dans un secteur en proie à une concurrence sévère dans un environnement en mutation rapide. Cependant il y’a d’autres éléments qui entrent en ligne de compte tels que les modalités et les délais de prise de décisions sont très importants, et surtout le poids de l’administration dans le fonctionnement courant de l’entreprise qui est une entreprise publique de plus porteuse d’une charge psychologique particulièrement importante».

Ahmadou Séhou, politologue indique que «la nouvelle équipe managériale a l’obligation de ramener la compagnie à l’orthodoxie». Pour Cyrille Ngouah, coach consultant en management, «il faut changer le management ou manager le changement». Pierre Lewa, juriste de profession, indique que «les hommes ont changé, mais le système reste le même». Et, Franck Essi, homme politique, dit qu’«il ne faudra pas s’attendre à des miracles». Auteur: Liliane J. NDANGUE : AfricaPresse.com

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