Turkish Airlines voit s’éloigner son rêve de faire d’Istanbul le Dubaï de l’Europe

La compagnie nationale turque, qui voulait devenir l’équivalent d’Emirates en Europe, a plongé dans le rouge au premietr trimestre.

En attaquant l’aéroport Atatürk d’Istanbul, les terroristes ont non seulement frappé un symbole de la Turquie moderne, mais aussi l’une des plus dynamiques compagnies aériennes internationales : Turkish Airlines. Souvent comparée à Emirates et son hub de Dubaï, la compagnie nationale turque est parvenue, en quelques années, à se hisser dans le peloton de tête des grandes compagnies internationale, à force d’investissements, au point d’inquiéter désormais Lufthansa et Air France-KLM. Forte du positionnement géographique idéal d’Istanbul, aux portes de l’Europe et à mi-chemin entre l’Asie et l’Amérique du Nord, de coûts salariaux bas, d’un trafic touristique conséquent et d’un libre accès au ciel européen, Turkish Airlines a multiplié les commandes d’avions et les ouvertures de lignes. Entre 2009 et 2015, son trafic a plus que doublé, passant de 29 millions de passagers en 2009 à 61,2 millions en 2015, pour une flotte multipliée par trois. Avec la construction d’un nouvel aéroport capable d’accueillir, à terme, quelques 150 millions de passagers, Turkish Airlines semblait même bien partie pour faire d’Istanbul, la nouvelle plaque-tournante majeure du trafic aérien mondial. Et ce, tout en générant, année après année, de confortables bénéfices.

Le tourisme international en chute de 35 % en mai

Du moins jusqu’à cette année et la multiplication des attentats, qui ont fait fuir les touristes étrangers. En baisse interrompue depuis huit mois, le nombre de touristes en Turquie était encore en recul de 35 % le mois dernier. Et selon l’association française des voyagistes français, le Seto, les réservations de cet été pour la Turquie étaient déjà en chute de 77,4 % avant l’attaque de l’aéroport.

Des comptes dans le rouge

Malgré cette désaffection des touristes pour la Turquie, Turkish Airlines était néanmoins parvenue à maintenir le cap de la croissance, avec un trafic encore en hausse de 7,8 % de janvier à fin mai, en poursuivant les ouvertures de lignes à l’international, afin d’attirer toujours plus de passagers en correspondance. De 50 % l’an dernier, la part des voyageurs en transit à Istanbul est ainsi montée à 60 %. Mais l’augmentation du trafic ne suit plus l’augmentation des capacités, en hausse de 16,1 % sur les cinq premiers mois de l’année. Le taux de remplissage a chuté de 3 points, à 73,8 % et les comptes ont plongé dans le rouge au premier trimestre, avec une perte nette de 1,24 milliard de livres (372 millions d’euros), son pire résultat depuis 17 ans. @BrunoTrevidic .lesechos.fr/

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