Brexit : quelles conséquences pour le transport aérien ?

De facto, le Brexit entraîne la sortie des compagnies britanniques du marché unique du transport aérien européen et des accords de ciel ouvert entre l’Europe et les États-Unis.

Easy Jet, Ryanair ou Flybe, vont pâtir de la chute de la livre sterling

Mais d’abord, à court terme, le groupe IAG, la maison-mère de British Airways, les low cost Easy Jet, Ryanair ou Flybe, vont pâtir de la chute de la livre sterling par rapport à l’euro ou au dollar.

Cette chute va mécaniquement faire baisser leurs recettes en livre sterling et augmenter le prix des billets pour les touristes britanniques. Or le Royaume-Uni est le deuxième plus gros exportateur de touristes d’Europe. Plus de 30 millions l’an dernier à 75% pour des voyages en Europe.

A moyen terme, la chute de la livre sterling, va alourdir la facture pétrolière des compagnies britanniques. Une facture payée en dollars, tout comme les loyers ou les achats d’avion. Dès vendredi, la maison mère de British Airways annonçait que ses bénéfices allaient cette année progresser moins vite que prévu.

Fini le droit d’exploiter des avions en dehors de ses bases au Royaume-Uni

A plus long terme, les compagnies britanniques vont devoir gérer l’épineuse question des droits de trafic. La sortie du Royaume-Uni de l’Union Européenne devrait théoriquement les priver de la possibilité de voler librement en Europe, et vers les pays avec lesquels ont été conclus des accords de ciel ouvert comme les États-Unis depuis 2008.

Ainsi, Easy Jet n’aura plus le droit d’exploiter des avions en dehors de ses bases au Royaume-Uni. Elle ne pourra plus assurer des vols entre deux pays tiers, un Paris-Toulouse, ou un Paris-Milan, par exemple. Autre conséquence, IAG ne pourra plus détenir, plus de 49% d’une autre compagnie européenne comme, c’est le cas avec les espagnoles Vueling et Iberia.

Négocier des accords et redéfinir une réglementation

Pour préserver ces droits, le gouvernement britannique va devoir négocier un accord de ciel ouvert avec l’Union Européenne. C’est possible, la Suisse, la Norvège ou la Turquie l’ont déjà fait.

Il en sera de même pour les vols des compagnies britanniques au départ de l’Europe vers les États-Unis. Citons, le cas de British Airways avec Open Skies qui opère des liaisons entre Paris-Orly et New-York.

Plus délicat, il faudra aussi pour les Britanniques redéfinir une réglementation sociale, fiscale et environnementale à la place des textes européens et une législation pour les droits de passagers.

En visite à Paris, cette semaine, le très médiatique patron de Ryanair, Michael 0’Leary, a estimé que le Brexit allait condamner l’Union Européenne avec une possible récession de deux ou trois ans minimum.

En attendant la semaine prochaine, vous pouvez retrouver plus de Chroniques du ciel sur notre page Facebook et sur notre compte Twitter. Frédéric Beniada : .franceinfo.fr

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