Franck Legre, Dg Afrique d’Air France : « Notre intérêt immédiat est l’Aibd »

Comment jugez-vous vos échanges avec le chef de l’Etat sénégalais ?

C’était très passionnant et concret notamment sur le projet Pse. Il y a eu beaucoup de questions concrètes de la part d’hommes d’affaires français. Ce qui dénote d’une envie d’investir au Sénégal.

 Quelles sont les attentes d’Air France KLM en matière d’investissement au Sénégal ?

Pour nous, l’intérêt le plus immédiat est l’aéroport Aibd. Nous sommes excessivement intéressés à un déménagement dans de nouvelles infrastructures beaucoup plus modernes et adaptées à la structure du trafic. J’ai évoqué, avec le président, la gestion de l’aéroport et la manière dont nous allons travailler ensemble dans le transfert vers ce nouvel aéroport.

 L’aéroport Lss ne peut pas accueillir certains gros porteurs contrairement à Aibd. Air France Klm envisage-t-il de mettre de nouveaux avions à Aibd ?

Pour l’instant, Air France envoie à Dakar avec un Boeing 777-300 de près de 400 sièges. C’est un avion très adapté à Dakar. Pour le moment, nous n’envisageons pas un changement du type d’avion en fonction de l’aéroport.

 Pour le secteur du tourisme avec la création d’emplois, le Sénégal attend de votre compagnie un accompagnement et un savoir-faire. Que comptez-vous faire pour être à la hauteur de ses attentes ?

Sur le tourisme, nous sommes partenaire, depuis un an, du Sénégal pour promouvoir cette destination en France et en Europe. Nous avons organisé des voyages d’études pour le Sénégal. Nous avons également consacré, au Sénégal, la pleine page de notre revue de bord d’il y a quelques mois. Le Sénégal peut compter sur nous pour promouvoir sa destination touristique.

Quel est votre sentiment sur la rencontre du président Sall avec le patronat français ?

Le président de la République a été très pragmatique lors de son allocution mais aussi en répondant aux questions qui lui étaient posées. Il a été excellent sur le projet Pse, les investissements et le partenariat public privé. Il faut noter aussi qu’en dehors des grands groupes, les Pme françaises ont été très présentes. Elles sont porteuses de beaucoup de dynamisme. Le privé sénégalais promeut, depuis longtemps, le partenariat avec le privé étranger. Il faut avoir le « local containt » avec une participation massive des entreprises sénégalaises.

 Comment trouvez-vous les réponses de Macky Sall aux inquiétudes du privé français pour investir au Sénégal ?

Le président a été parfait. Il y a eu des questions sur les opportunités d’investissement et non des inquiétudes. Il a donné des réponses exactes en disant que nous sommes pour un partenariat avec la France mais dans un environnement concurrentiel. A ce titre, ils doivent faire les meilleures offres et ne pas considérer être en terrain conquis. Il faut développer les partenariats gagnant-gagnant.

 Est-ce une bonne nouvelle pour le patronat de voir les entreprises étrangères venir le concurrencer au Sénégal ?

Ce sont des questions délicates. Pour les marchés publics, nous avons les capacités de les faire. Cependant, dans des projets majeurs de concession où des financements lourds sont nécessaires et des technicités différentes, il faut un type de partenariat avec les entreprises étrangères. Le président a évoqué des domaines importants comme le secteur des mines, celui gazier ou pétrolier. Il y a cette nécessité de développer des partenariats avec l’Etat et le privé. S’il faut faire des routes et consorts, le privé sénégalais est capable d’être à la hauteur. Mais s’il faut des concessions et des contrats plus compliqués avec des investissements très lourds, il faut être réaliste, il faut attirer l’investissement direct étranger. Par Moussa DIOP, correspondant à Pari Auteur: Le Soleil – Le Soleil

Écrire commentaire

Commentaires : 0
Receive our trimestrial newsletter by mail