Deux mois sans salaires à Camair-Co

La direction générale attend le virement du ministère des Finances Malgré l’engagement du ministère des Finances à lui apporter une subvention d’équilibre d’un montant de 1,5 milliard de FCFA par mois ; celle-ci arrive malheureusement au compte-gouttes.

Les 550 employés de la compagnie aérienne nationale, la Cameroon Airlines Corporation (Camair-Co) tirent le diable par la queue depuis plusieurs semaines. Et pour cause, ces derniers n’ont toujours pas perçu leurs salaires des mois de mars et d’avril 2016. Une situation difficile à vivre, parce que décapante pour l’ensemble des employés, y compris ceux de la direction générale logée à l’immeuble de la Rotonde, au quartier des affaires, Akwa, à Douala.

C’est ce que LQE a pu apprendre, ce mardi 10 mai 2016, auprès de certains employés visiblement au bord de l’épuisement ; à cause de la difficile épreuve qu’ils traversent depuis deux mois. Alors que certains employés apparemment mécontent de la situation ont pris sur eux de porter l’affaire sur la place publique (réseaux sociaux, certaines administrations à Yaoundé, etc.), d’autres ont, par contre, préféré se rapprocher de la hiérarchie de l’entreprise pour comprendre les raisons de ces arriérés de salaires, apprend-on.

A en croire un cadre ayant requis l’anonymat, « les deux mois d’arriérés de salaires que Camair-Co peine à verser à ses employés se justifient par le fait que l’entreprise est endettée, sans oublier que le ministère des Finances avait promis de subventionner mensuellement la compagnie aérienne nationale; mais n’arrive pas à respecter cet engagement ».

Il y a quelques années, apprend-on, le ministère des Finances s’était engagé à apporter à la compagnie aérienne nationale une subvention d’équilibre d’un montant de 1,5 milliard de FCFA. Malheureusement, cette subvention arrive au compte-goutte, pour des raisons non encore élucidées.

Et comme si ça ne suffisait pas, le redressement de la compagnie, grâce à l’accord de prêt de 30 milliards de FCFA approuvé par un consortium bancaire (Ecobank, CBC, UBA et Afriland First Bank), ne fait qu’accroitre la dette de l’entreprise. Celle-ci est passée, entre 2014 et 2016, de 30 à 34 milliards de FCFA. Une situation intenable pour l’entreprise, qui attend vivement que soit bouclé l’audit du cabinet américain Boeing Consulting, recruté par le gouvernement.

Approchés, certains responsables de la direction générale de l’entreprise rassurent que « les mesures nécessaires ont été prises pour que les salaires des mois de mars et avril dernier soient payés aux employés ». Opérationnelle depuis mars 2011, c’est la première fois que « l’Etoile du Cameroun » accuse deux mois d’arriérés de salaires.

Ceci, en raison de ses difficultés financières. Hormis le problème relatif au retard de salaires ou arriérés de salaires, l’entreprise éprouve aussi de la peine à respecter d’autres engagements. Notamment ceux liés au règlement des frais de prestations de certains partenaires. Autant de choses qui font que Camair-Co a souvent maille à partir avec ses fournisseurs de services. © LE QUOTIDIEN DE L’ECONOMIE : Joseph Roland Djotié : .camer.be

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