Air France-KLM : Janaillac prendra les commandes cet été

Le conseil d’administration a validé ce choix dimanche soir. Il prendra les commandes fin juillet.

Le troisième PDG d’Air France-KLM sera bien Jean-Marc Janaillac. Choisie à l’unanimité par le comité de nomination, vendredi soir, la candidature de l’actuel PDG du groupe de transports publics Transdev, a été retenue par le conseil d’administration du groupe, spécialement réuni pour l’occasion ce dimanche soir, pour succéder à Alexandre de Juniac , démissionnaire.

Le Conseil proposera sa nomination à l’assemblée générale des actionnaires, le 19 mai prochain à Paris. L’issue du vote des actionnaires ne fait guère de doute, l’Etat bénéficiant d’un droit de vote double, au-delà de ses 17 % du capital, qui lui permet d’imposer le candidat retenu par le conseil. La passation de pouvoirs n’interviendra toutefois pas avant le 29 juillet prochain, après les résultats semestriels.

Un mois pour trouver un successeur

Jean-Marc Janaillac, 63 ans, était le seul candidat présenté par le comité de nomination, qui aura donc mis moins d’un mois pour trouver un successeur à Alexandre de Juniac. Cependant, l’affaire n’aura pas été simple et le suspens aura duré jusqu’au bout. Si le nom du patron de Transdev a rapidement figuré en tête de liste des favoris, une lutte sourde aura opposé jusqu’au bout les partisans d’un candidat externe et ceux d’un choix en interne. Et même après que le comité de nomination eut arrêté sa décision, certains continuaient d’entretenir les spéculations ce week-end, sur l’éventuel remplacement de Frédéric Gagey par Lionel Guérin, directeur de HOP ! Air France, au poste de PDG d’Air France, dans le cadre d’un hypothétique « ticket » avec Jean-Marc Janaillac. D’où la décision d’avancer à dimanche soir le conseil d’administration initialement prévu pour mardi, afin de couper court à toute tentative de déstabilisation.

Selon une source proche du dossier, Jean-Marc Janaillac l’aurait emporté au vu du redressement réussi de Transdev, d’un savoir-faire reconnu en matière de dialogue social, acquis notamment dans ses précédentes fonctions à la RATP, et d’une expérience professionnelle à l’international. Il était aussi l’un des rares candidats externes, à pouvoir se prévaloir d’une expérience dans le transport aérien, au sein de la défunte compagnie française AOM dont il fut le numéro deux de 1997 à 2000, ainsi qu’au conseil d’administration d’Air France, où il a siégé de 1999 à 2004. Il connaît également le secteur du voyage, pour avoir dirigé le voyagiste Maeva et l’organisme de promotion du tourisme Maison de la France. « Il connaît le transport aérien et ses clients », résume un connaisseur du dossier.

Campagne discrète

Autre particularité précieuse : Jean-Marc Janaillac est également vice-président de « l’Initiative franco-néerlandaise », créée en 2014, pour animer le nouveau partenariat stratégique entre la France et les Pays-Bas, annoncé en janvier 2014 lors de la visite de François Hollande. De quoi susciter l’intérêt des quatre administrateurs néerlandais du conseil d’administration d’Air France-KLM.

Paradoxalement, le principal handicap de Jean-Marc Janaillac aurait pu être sa proximité connue avec le président de la République, avec lequel il a partagé les bancs de l’école, à HEC et à l’ENA. Il a notamment figuré dans la même fameuse promotion Voltaire de l’ENA que François Hollande. Toutefois, Jean-Marc Janaillac a bien pris soin de ne pas se prévaloir d’un quelconque appui présidentiel pour encourager sa candidature, afin d’éviter, autant que possible, l’accusation de parachutage politique. Au contraire, le PDG de Transdev aurait mené une campagne de candidature des plus discrètes, sans chercher à toutes forces à s’imposer.

De même, afin de donner des gages à ceux qui, au sein d’Air France, avaient pris position pour une solution interne, la nomination de Jean-Marc Janaillac s’accompagnerait du maintien à son poste de l’actuel PDG de la filiale Air France, Frédéric Gagey. Par ailleurs, le mandat qui serait accordé à Jean-Marc Janaillac ne serait que de trois ans, soit la durée restante de l’actuel mandat accordé à Alexandre de Juniac en 2015. De quoi laisser patienter d’éventuelles ambitions frustrées. Bruno Trévidic .lesechos.fr

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