Pay to fly : Royal Air Maroc saisit la justice après une émission de France 3

Royal Air Maroc a saisi la justice après la diffusion de l’émission Pièces à conviction sur France 3, selon laquelle la compagnie permet à de jeunes pilotes de voler sur ses avions “sans exiger d’évaluations préalables” dans le cadre du pay to fly.

Le pay to fly consiste pour un jeune pilote à payer une compagnie aérienne pour pouvoir voler et acquérir une expérience. Dénoncée par de nombreux syndicats et interdite en France, cette pratique est autorisée au Maroc. Selon le reportage de France 3 diffusé le 23 mars, Royal Air Maroc aurait recourt à un cabinet lituanien pour trouver des candidats. En s’acquittant de 62.500 euros, un jeune pilote pourrait ainsi intégrer le programme de formation de la compagnie marocaine, et voler 500 heures sur ses lignes régulières avec transport de passagers. Qui plus est, Royal Air Maroc ne serait pas regardante. “Il n’y a pas d’évaluation préalable. Vous payez et vous commencez aussitôt” , affirmait la responsable formation du cabinet lituanien.

Royal Air Maroc a vivement réagi : elle indique le 28 mars dans un communiqué qu’il est “mensonger” d’affirmer qu’elle recourt à la formation de pilotes étrangers “sans évaluations préalables des candidats” . Elle dément avoir collaboré avec le cabinet lituanien interrogé par France 3 et regrette que les réalisateurs du reportage se soient appuyés “sur un faux témoignage” pour tirer des “conclusions erronées” . Elle évoque des “informations diffamatoires” et annonce qu’elle a saisi les autorités judiciaires compétentes au regard du préjudice subi.

Selon Royal Air Maroc, la formation en son sein de pilotes étrangers “n’a pas de vocation commerciale” : “elle s’inscrit dans la dynamique de mettre à profit l’expertise et les infrastructures de premier plan de la compagnie au service d’une formation qualifiante” .

Toute en indiquant qu’elle ne “fait aucun compromis sur la sécurité de ses passagers” , Royal Air Maroc détaille le process de sélection, de formation et de suivi de ses pilotes, que nous reproduisons ici :

“Durant toute leur formation, les pilotes marocains et étrangers sont encadrés par des Commandants de bord Instructeurs qui totalisent chacun plus de 10 000 heures de vol, et répondent aux plus hauts standards d’exigence au niveau mondial.

Depuis 2002, Royal Air Maroc forme des pilotes étrangers compte tenu de son expérience dans le domaine. Pour accéder à ces sessions de formation, les pilotes doivent impérativement être titulaires de diplômes et de qualifications délivrés par les autorités européennes, au même titre que les pilotes évoluant dans les grandes compagnies européennes. En outre, Royal Air Maroc impose des conditions de sélection rigoureuses et soumet les candidats à des examens et des contrôles draconiens pour accéder à ces formations.

Une fois retenus, les candidats sont obligés de refaire entièrement le stage de « qualification de type » conformément aux normes et standards de Royal Air Maroc qui figurent parmi les plus élevés dans le domaine. A l’issue de ce processus, les candidats sont obligés de passer un contrôle sur simulateur supervisé par la Direction Générale de l’Aviation Civile marocaine (DGAC) avant de pouvoir assurer des vols en ligne sous supervision du Commandant de bord instructeur Royal Air Maroc. Jérôme RENAUD /airinfo.org

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