Air Madagascar reste cloué au sol

2015 a été une année noire pour la compagnie aérienne nationale. Malgré la nomi­nation d’un nouveau DG, en octobre, la compagnie reste actuellement dans le trou.

Zéro évolution. L’année 2015 aura été l’une des pires années qu’aura connu la compagnie aérienne Air Madagascar depuis sa création en 1961. Entre supervisions floues, salaires payés par le Trésor public, annulation de vols, la compagnie semble au bord de l’asphyxie.

 

Après avoir rendu les deux aéronefs B737-300 «5R-MFH» et «5R-MFI» dont le contrat de leasing s’est achevé en décembre 2014, Air Madagascar a commandé cinq nouveaux appareils ATR. L’acquisition du premier ATR a été effectuée en mars 2015 sous l’immatriculation «5R-EJA», tandis que le second ATR immatriculé «5R-EJB» est arrivé en juin. Malgré tout, les problèmes persistent et la grève du personnel qui a débuté au mois de juin n’est pas pour arranger la situation.

Les employés réclament une meilleure gestion de la société, mais aussi la démission de ses dirigeants : le président du Conseil d’administration Henry Rabary-Njaka, le directeur général Haja Raelison, ainsi que quelques têtes pensantes du secteur aérien à Madagascar. Après plus d’un mois de bras de fer avec le personnel, les instances dirigeantes de la compagnie finissent par ceder avec une démission collective du Conseil d’administration de la compagnie aérienne malgache debut juillet, suivie de celle du directeur général.

Le 07 juillet, la compagnie annonce la constitution d’un nouveau Conseil d’administration, présidé par Léon Rajaobelina. Dix jours après, les nouvelles instances dirigeantes et les représentants du personnel se mettent d’accord pour reprendre le travail au sein de la compagnie et mettent fin à près de 40 jours de grève.

Le 02 octobre, Air Mada­gascar annonce, dans un communiqué, la désignation d’un nouveau directeur général. Mais jusqu’à ce jour, la compagnie ne semble nullement remise sur les rails, les pertes causées par la grève s’étant élevées à 500 000 dollars par jour. D’autre part, les problèmes demeurent, au niveau des deux aéronefs 340, dont les coûts pèsent très lourds à la compagnie. Une négociation est même actuellement en vue pour reprendre les Airbus.

Réduction de voilure

Afin de relancer la compagnie, l’actuel Conseil d’administration d’Air Mada­gascar prévoit un plan de redressement, sensé sortir en cette fin d’année. La compagnie aérienne veut réduire sa voilure et prévoit, d’après un communiqué, de suspendre ses opérations vers Guangzhou, Chine, via Bangkok début janvier 2016. Il prévoit également de réduire les vols intérieurs. Une collaboration avec la compagnie aérienne Air Austral est ainsi en vue.

Mais un des points noirs qui pèse sur la compagnie est le fait qu’elle est inscrite sur la liste de l’Annexe B de l’Union europénne depuis 2011 et qu’elle n’a jamais réussi à s’en sortir jusqu’à présent. Pour 2016, la Commission européenne a programmé une évaluation technique sur site des opérations d’Air Madagascar. D’après un communiqué de l’Aviation civile de Mada­gascar (ACM), cette évaluation sera une « étape préalable et précédant l’examen de sortie de l’Annexe B ».

D’autre part, le Conseil des ministres a récemment validé la participation de l’État dans l’augmentation du capital d’Air Madagascar, qui s’élève à plus de 128 milliards d’ariary. La situation actuelle ne présage, pour le moment, rien de bon. Reste à voir si, en 2016, cette compagnie nationale prendrait enfin son envol. Tiasoa Samantha :.lexpressmada.com

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