Ouverture de la ligne Tana-Istanbul

La liaison aérienne régulière entre Antananarivo et Istanbul débutera à partir du mercredi 16 décembre. Un pas de plus vers la concrétisation de l’open sky.

Une nouvelle porte vers l’Europe. Après quel­ques années de tractation et de négociation, Turkish Airlines est enfin autorisée à effectuer la liaison Istanbul-Antananarivo-Istanbul. L’at­terrissage du premier vol à Ivato prévu pour ce mercredi 16 décembre à 15 heures est même imminent. L’in­for­mation est sortie de la rencontre entre Ulrich Andriatina, ministre des Transports et de la météorologie, et Volkan Turk Vural, ambassadeur turc en poste à Madagascar. Le vol sera assuré avec un Airbus A 340-300 aux couleurs de la compagnie turque. Des escales à Maurice sont programmées, mais peu de détails sont encore disponibles par rapport à ce point.

 « Turkish Airlines assurera trois vols par semaine les mardi, jeudi et samedi à partir du 16 décembre. Cette fréquence passera à 4 par semaine à partir du mois de février prochain », a précisé Volkan Turk Vural, qui a également assuré « que la compagnie turque est en mesure d’assurer des vols quotidiens si le marché l’exige ».

La mise en place de cette liaison aérienne avec la Turquie va certainement bouleverser le monde du trans­port aérien à Mada­gascar. Étant la quatrième compagnie mondiale et la deuxième compagnie d’Europe, Turkish Airlines dessert plus de 260 destinations à travers le monde, et dispose d’une flotte moderne composée de 300 avions. Pour les voyageurs malgaches qui doivent se rendre dans d’autres pays d’Europe ou en Amé­rique, par exemple, une nouvelle option s’offre, désormais, à eux, pour éviter le passage presque obligé au hub de Roissy, à Paris, pour des correspondances.

Destination d’affaire

Du point de vue économique, la Turquie peut devenir la nouvelle destination d’affaires pour les businessmen malgaches. Une alternative à étudier, avec la suspension des vols Air Madagascar vers l’Asie.

C’est une grande nation de 75 mil­lions d’habitants, et l’un des rares pays européens qui n’est pas membre de l’Union européenne. Avec le deuxième taux de croissance économique le plus élevé au monde après la Chine, c’est un marché potentiel pour les produits malgaches, mais surtout un partenaire de taille pour l’économie de la Grande île, en général.

La mise en place de cette liaison entre dans le cadre de la concrétisation de l’ouverture du ciel malgache aux compagnies aériennes étrangères ou « open sky ». Une décision qui était longtemps au cœur d’un débat houleux entre deux courants d’idées. Le premier se soucie de la capacité de la compagnie nationale Air Mada­gascar à faire face à la concurrence de compagnies aussi puissantes tels que Emirates, Ethiad et India Airlines, qui ont déjà manifesté à plusieurs reprises leur intérêt pour la desserte de la Grande île. Le second courant mise davantage sur le développement touristique, et veut à tout prix la multiplication des sièges offerts pour la destination Madagascar et propose à ce que la compagnie nationale se concentre surtout sur les vols domestiques.

Dans le secteur aérien, même dans le cadre d’un open sky, la réciprocité fait partie des principes de base. Air Madagascar devrait donc, en contrepartie, ouvrir également une ligne vers la Turquie. D’ailleurs, compte tenu de la situation de la compagnie nationale qui fait face à un problème d’avions, ce point aurait été l’un des principaux facteurs de blocage qui a retardé la mise en place des vols. Logique­ment, dans le cas actuel, c’est un système de code share ou partage de code qui devra être en vigueur. C’est-à-dire que la compagnie Air Mada­gascar pourrait avoir des quotas de sièges qu’elle pourra vendre dans les avions turcs. C’est déjà le cas avec Air Seychelles, qui opère seule la liaison Victoria-Ivato. Mahefa Rakotomalala : .lexpressmada.com

Écrire commentaire

Commentaires : 0
Recevez notre bulletin trimestriel par e-mail