Les nouvelles ambitions de Djibouti

Relancée début août, Air Djibouti va doper les capacités logistiques du pays. Notamment en permettant les connexions entre mer et ciel.

Le pays retrouve sa compagnie nationale. Contrainte de mettre la clé sous la porte en 2002 après quarante ans de bons et loyaux services, Air Djibouti a fait les gros titres de la presse mondiale début août avec la reprise de ses activités.

Principale raison de cet engouement soudain qui ressemble fort à un joli coup de pub : son nouveau patron, Bruce Dickinson. L’ancienne légende du heavy metal semble aussi à l’aise aux commandes d’une compagnie aérienne que devant le micro du groupe Iron Maiden.

Reconverti en pilote–instructeur sur Boeing 737 et Boeing 757, le Britannique dirige Cardiff Aviation, basée au Pays de Galles (Royaume-Uni). Or cette société a été chargée de la gestion de la nouvelle entité d’Air Djibouti, détenue à hauteur de 70 % par l’Autorité des ports et des zones franches de Djibouti (DPFZA), et à 30 % par l’Aéroport international de Djibouti (AID).

La compagnie a pris son envol le 3 août à destination de Hargeisa, en Somalie. Pour l’instant, elle transporte uniquement du fret, mais les premières liaisons régulières pour passagers devraient débuter au cours du premier trimestre de 2016, avec les dessertes de la sous-région, des pays du Golfe, ainsi que de Londres et de Paris.

Multimodalité

Le transport aérien a longtemps été la pièce manquante du puzzle logistique djiboutien. Il représente désormais un axe de développement prioritaire pour l’Autorité des ports, qui a débuté, avec le soutien financier des banques chinoises, la construction de deux nouveaux aéroports, l’un dans la capitale, l’autre à Obock. La livraison de ces équipements, qui ne coûteront donc rien à l’État, est attendue courant 2018, pour un investissement total de 600 millions de dollars.

« Nous visons une multimodalité de type C-Air, explique Aboubaker Omar Hadi, le président de la DPFZA. Les marchandises seront acheminées par voie maritime jusqu’à Djibouti, puis par voie aérienne vers les pays limitrophes, avec un rayonnement possible en Afrique de l’Ouest. Ce modèle éprouvé est deux fois moins cher que l’aérien pur et trois fois plus rapide que le transport maritime classique. »

Pour atteindre ses objectifs, le pays peut compter sur l’appui de son secteur privé. Ivory Jet Services, société spécialisée dans l’aviation d’affaires et le transport médicalisé, vient de lancer ses activités. Dirigée par Tommy Tayoro Nyckoss, le gendre du président Ismaïl Omar Guelleh, elle a démarré ses services cette année, avec un Falcon 50 « charter VIP » susceptible d’être transformé en avion médicalisé en seulement 45 minutes. Un second appareil devrait renforcer la flotte avant la fin de l’année. Par Samy Ghorbal : jeuneafrique.com

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