La rentabilité des Airbus A 340 remise en question

« Limiter les dégâts ». Le mot a été lancé par une source au sein d’Air Mada­gascar pour expliquer la décision de supprimer la desserte de l’Asie. La programmation des vols à destination de Bangkok et de Guangzhu sera effectivement suspendue à partir de janvier 2016. Pour l’heure, la compagnie nationale n’a émis aucune explication officielle concernant cette décision, qui sera lourde de conséquence sur le plan économique. Mais la rentabilité de l’Airbus A 340 qui assure la liaison y est certainement pour quelque chose.

«Air Madagascar perd de l’argent à chaque vol. Voilà pourquoi cette décision est surtout destinée à limiter les pertes, sachant qu’Air Madagascar va devoir payer la location de cet Airbus qui va être cloué au sol », analyse notre interlocuteur.

Pertes inévitables

La réflexion sur l’exploitation des A 340 achetés par le régime de la Transition a déjà été en cours depuis quelques mois. La compagnie nationale avait même mis en place un code share avec la compagnie Air Austral, en mettant en place des vols via la Réunion pour pouvoir augmenter le nombre de passagers, mais cette stratégie ne semble pas avoir réussi. De l’autre côté, la sanction européenne qui place Air Madagascar sur la liste B empêche l’utilisation de l’Airbus sur la liaison Europe. Seul l’un des deux Airbus A 340, immatriculé en Islande peut assurer cette destination. L’autre est donc cloué au sol à Ivato lorsqu’il n’effectue pas le vol vers la Chine. Ce qui ne permet pas du tout d’amortir les charges. Par ailleurs, une éventuelle négociation d’une fin de contrat serait encore très lourde, voire encore plus chère que son exploitation.

Sur le plan économique, la suppression de la destination Asie aura des impacts énormes sur l’économie. Depuis la mise en place de ce vol, les opérateurs économiques font partie des principaux clients d’Air Madagascar, et la mise en place de cette liaison a été l’une des causes du développement du commerce à Behoririka. Des pertes d’emploi semblent également inévitables chez Air Madagascar. Des membres du personnel navigant commercial pourraient, par exemple, ne plus voir renouveler leurs contrats. Mahefa Rakotomalala : .lexpressmada.com

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