Sûreté : Air France remanie ses liaisons vers l’Afrique

 

Après la prise d’otages à Bamako vendredi dernier, Air France remanie les itinéraires vers plusieurs destinations en Afrique pour éviter que ses personnels ne restent en repos dans les escales sensibles. Cela n’empêche pas les syndicats de s’inquiéter de la situation sécuritaire dans une lettre ouverte au président de la République.

Depuis samedi, Air France évite que ses personnels navigants ne soient en découcher dans les escales de Bamako, Ouagadougou, Niamey, Ndjamena et Tunis, indique le syndicat UNAC sur son site Internet. Ceci contraint la compagnie aérienne à modifier les itinéraires sur ces liaisons afin que les relèves d’équipages s’effectuent dans des escales plus sures.

Ainsi, les vols vers Bamako, qui ont repris lundi, s’arrêtent au retour à Conakry, au lieu d’être directs vers Paris, selon le site Internet d’Air France. La mesure est en place jusqu’à jeudi inclus. Il en va de même pour Ouagadougou (via Abidjan) et Ndjamena (via Libreville). Pour Niamey, aucune information n’était disponible au moment de la rédaction de cet article. Les passagers doivent « vérifier les formalités d’entrée » dans les pays où sont réalisées les escales intermédiaires, précise la compagnie au moment de la réservation. Ils doivent donc, le cas échéant, être en possession d’un visa. Autre inconvénient, la durée des vols retours est rallongée et l’arrivée à Paris Charles de Gaulle plus tardive (d’environ trois heures).

Les trois syndicats représentatifs des hôtesses et stewards souhaitent des mesures plus pérennes. L’UNAC, le SNPNC et l’UNSA en appellent ensemble au président de la République, François Hollande. Dans une lettre publiée le 23 novembre, ils demandent « à l’Etat de jouer son rôle régalien en imposant à Air France de prendre les mesures de sûreté et de sécurité indispensables à la protection de ses personnels » . L’attaque de l’hôtel Radisson Blu le 20 novembre à Bamako « a par un concours de circonstances exceptionnel épargné tout un équipage Air France. Il apparaît clairement que le dispositif de sureté est défaillant aussi bien à Bamako que dans de nombreuses escales à risque » , écrivent les trois syndicats.

Ils leur semble « impérieux qu’un groupe de travail composé des organisations syndicales représentatives des personnels navigants d’Air France, de la Direction et des représentants des Ministères concernés se réunisse dans l’urgence » . Dans cette attente, les syndicats demandent « la mise en place d’une protection physique et continue du personnel navigant lorsqu’il se trouve en escale » .

« Au regard de l’évolution de la menace dont tout le monde s’accorde à dire qu’elle sera durable et qu’elle va s’accentuer, la charge financière de la sûreté et de la protection des personnels doit nécessairement être assurée par l’Etat afin d’éviter qu’elle ne puisse être un coût pilotable pour les compagnies françaises » , précisent-ils.

Air France de son côté a expliqué à l’AFP que des mesures ont été prises « avant les événements de Bamako » et renforcées depuis par des « mesures complémentaires » telles qu’un « renforcement de la protection » pour les transferts depuis l’aéroport ainsi que « dans les hôtels, au plus près de l’équipage » .

Douze membres d’équipage d’Air France se trouvaient à l’hôtel Radisson Blu lors de la prise d’otages du 20 novembre à Bamako. Tous ces personnels ont pu être exfiltrés et sont rentrés sains et saufs en France ce week-end. Sur les 170 personnes retenues par le groupe terroriste, une vingtaine ont trouvé la mort, dont six des douze employés de la compagnie aérienne russe Volga-Dnepr Airlines. Jérôme RENAUD / airinfo.org/



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