Congo Airways, sans rival à Kinshasa

La compagnie prend son envol au moment où son concurrent Korongo Airlines est liquidé. Un démarrage très attendu dans un pays où il n'existe aucune desserte intérieure fiable.

À Kinshasa, la direction de Congo Airways a dû retenir son souffle pendant quelques semaines, mais la justice irlandaise a ordonné la levée de la saisie de l’Airbus A320, cloué au sol à Dublin pendant un mois à cause de la plainte déposée par la société minière américaine Miminco LLC.

Cette dernière exigeait que Kinshasa paie une indemnité de 11,4 millions de dollars (10,1 millions d’euros) à la suite de l’extorsion de ses concessions à Diboko par des éléments de l’ancienne garde présidentielle de Mobutu, en 1997. Si un accord a été trouvé en 2005 entre les deux parties, à ce jour, l’État congolais n’avait réglé que 1,3 million de dollars. Mais le juge a finalement estimé la requête du plaignant juridiquement irrecevable.

Interrogé par Jeune Afrique alors que la compagnie était en pleine tourmente, son directeur général adjoint, Jérôme Maillet, avait assuré que les vols démarreraient avec deux appareils, « quitte à en louer un ». Finalement, ce sont bien les deux A320, achetés à Alitalia pour 49 millions de dollars, qui ont été à la manœuvre, durant les vols inauguraux qui ont eu lieu le vendredi 09 octobre.

Début 2016, nous ouvrirons des vols régionaux vers Johannesburg et Luanda, affirme Jérôme Maillet.

À raison d’une vingtaine de vols, Congo Airways, créée en 2014 pour remplacer les défuntes Lignes aériennes congolaises, desservira entre autres Kinshasa, Lubumbashi, Goma, Kisangani, Kindu. Le prix payé par les voyageurs sera compris entre 13 et 25 centimes de dollar du kilomètre. « Et, début 2016, nous ouvrirons des vols régionaux vers Johannesburg et Luanda », ajoute Jérôme Maillet.

Selon Claude Kirongozi Ichalanga, directeur général de Congo Airways cité par l’agence officielle ACP, le premier vol commercial de la compagnie aérienne est attendu le 20 octobre 2015.

Le transport aérien congolais est dans un triste état. Toutes les compagnies congolaises figurent sur la liste noire européenne.

Le soutien d’Air France

Doté d’un capital de 65 millions de dollars (57,5 millions d’euros), Congo Airways table sur un chiffre d’affaires de 50 millions de dollars la première année et vise 150 millions de dollars après trois ans d’activité. La toute jeune compagnie nationale est assistée par le groupe Air France. « L’objectif est d’aider à la création d’un transporteur aérien viable en RD Congo », souligne Frank Legré, directeur général Afrique d’Air France.

Le premier volet du contrat d’assistance, achevé au printemps, a consisté en la création du business plan visant à établir les fondamentaux de l’entreprise. Le second volet en un contrat de support et de maintenance pour les équipements et les moteurs des deux A320 de Congo Airways, avec en outre l’assistance à la création d’un service de maintenance chez Congo Airways à travers un transfert de compétences. « Nous sommes en négociations pour la formation des copilotes et des commandants de bord d’A320, selon les normes européennes, sur nos propres simulateurs à Roissy », précise Franck Legré.

Une compagnie très attendue

Quant au démarrage de Congo Airways, il est très attendu, la RD Congo manquant cruellement de dessertes aériennes locales. D’autant que Korongo Airlines, filiale de Brussels Airlines, a annoncé, début septembre la liquidation de ses activités, compromises par la priorité donnée à Congo Airways sur les liaisons internationales et par le mauvais état des infrastructures des aéroports congolais.

Le transport aérien congolais est dans un triste état. Toutes les compagnies congolaises figurent sur la liste noire européenne : depuis 2007, 65 crashs ont tué 210 passagers et membres d’équipage.

« Notre objectif est de sortir au plus vite de cette liste. Nous sommes en cours de certification ISO 9001 et visons le label IOSA [IATA Operational Safety Audit] afin d’obtenir une dérogation pour figurer sur l’annexe B de la liste européenne, indique Jérôme Maillet. Toutes nos procédures ont pour modèle celles de compagnies aériennes européennes. »

Christelle Marot

Source : jeuneafrique.com

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