Air France annonce l’échec des négociations avec ses pilotes

Faute d’accord avec les pilotes, le conseil d’administration d’ Air France-KLM devrait lancer ce jeudi le plan B de réduction de l’offre et des effectifs.

Le suspense aura duré jusqu’au bout, mercredi, lors de la sixième et ultime réunion de négociations entre la direction et les représentants des pilotes d’Air France. Mais bien que les discussions se soient poursuivies tard dans la soirée­, cette réunion­ de la dernière chance s’est soldée, comme les précédentes, par un constat d’échec. « Les nombreuses heures de discussion et de négociation, suivies de près par le Président-directeur général d’Air France, n’ont pas pu aboutir, dans des délais raisonnables, à un accord permettant d’assurer la croissance et la compétitivité de la compagnie », déclarait ce mercredi soir, Air France, dans un communiqué. Malgré quelques avancées, les positions du SNPL, seul syndicat habilité à signer un accord au nom des pilotes, étaient trop éloignées de celle de la direction, ce mercredi, pour parvenir à un accord avant la date limite du 30 septembre. Cependant pour les pilotes, les négociations vont se poursuivre. « Nous avons convenu de nous revoir après le Comité central d’entreprise (CCE) du 5 octobre », a expliqué Véronique Damon, porte-parole du SNPL.

Coup de pouce possible de l’Etat

Après avoir boudé pendant tout l’été la table des négociations, le bureau du SNPL AF avait présenté lundi dernier ses propositions pour réduire les coûts et augmenter la productivité. Le principal syndicat de pilotes, s’inspirant de l’exemple de ses collègues de VNV, se disait prêt à accepter le principe du « travailler plus sans gagner plus », mais pas dans les mêmes proportions des 100 heures de vol demandées par la direction. De son côté, la direction se disait prête à négocier « un ajustement à la baisse des gains de productivité », tout en conservant son objectif de baisse des coûts de 17 %.

Accessoirement, on apprenait que, en cas d’accord, l’Etat serait susceptible de donner un coup de pouce à la compagnie, sous la forme d’un abattement de charges en cours de négociation, qui viendrait prendre la suite des mesures de productivité, à partir de 2017 et jusqu’au terme du plan Perform, en 2020.

Propositions des pilotes jugées très insuffisantes 

Hélas, dès mardi soir, l’espoir d’un accord s’évanouissait, avec la réponse de la direction au SNPL. Selon les calculs de la direction, les propositions du SNPL représenteraient à peine 3 % de gain de productivité. Loin, très loin des 17 % sur trois ans réclamés par la direction et des 12 % consentis par les pilotes de KLM. Les mesures proposées par le SNPL seraient en effet limitées à un an et, pour les plus signi­ficatives, sur la seule base du volontariat. Des conditions jugées « incompatibles avec le besoin de visibilité à moyen/long terme nécessaire aux investissements », indiquait dès mardi soir la direction d’Air France.

Faute d’accord avec les pilotes, le conseil d’administration d’Air France-KLM devrait donc décider ce jeudi la mise en œuvre du plan B, qui prévoit de réduire de 10 % l’offre d’Air France. Cela afin de ramener la proportion de lignes long-courriers déficitaires de 50 % actuel­lement à 20 % à l’horizon 2018, confor­mément au plan Perform.

Journée d’action le 5 octobre

Reste à savoir quelle sera la réaction­ des salariés. Si la direction a exclu un plan de licenciements secs massif parmi les personnels au sol, les fermetures de lignes entraîneront pour la première fois des licenciements secs parmi les navigants – pilotes, hôtesses et stewards – d’Air France. L’appel à la grève et à manifester lancé pour le lundi 5 octobre, jour du comité central d’entreprise où devrait être annoncé le choix du plan B, sera le test du degré de solidarité des personnels d’Air France avec les navigants.

@BrunoTrevidic

Source : lesechos.fr

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