Course contre la montre chez Air France pour parvenir à un accord

La deuxième réunion entre la direction et les représentants des pilotes a permis de renouer le dialogue.La première met en avant le retour à la croissance et aux embauches en cas d’accord.

A quinze jours de la date limite fixée par la direction pour aboutir à un accord avec les syndicats de pilotes, l’ambiance reste toujours tendue chez Air France, même si la possibilité de parvenir à un pré-accord avec le principal syndicat, SNPL, d’ici au 30 septembre n’est pas exclue. Un comité central d’entreprise se tient ce jeudi, pour faire le point sur l’avancée des discussions, après la deuxième séance de négociations, qui s’est tenue mercredi entre la direction et les représentants des pilotes.

Des avancées lors de la deuxième réunion

« Ça avance, indiquait mercredi soir un représentant du SNPL. La direction nous a présenté ses propositions, qu’il faut maintenant chiffrer, et nous avons présenté nos contre-propositions. On parle de nouveau des moyens de capter la croissance, comme nous le demandions. » Une nouvelle réunion entre la direction et les représentants des pilotes est prévue vendredi. D’autres sont d’ores et déjà programmées pour les jours suivants, la dernière ­réunion étant fixée au mercredi 30 septembre, à 9 heures, à la veille du conseil d’administration d’Air France-KLM qui aura à se prononcer sur l a poursuite du plan Perfom ou la mise en œuvre d’un plan beaucoup plus douloureux. Une date butoir justifiée, selon la direction, par la nécessité d’arrêter le programme d’été 2016 avant sa mise en commercialisation, en octobre.

La promesse d’un retour à la croissance

La première rencontre de vendredi dernier, qui était celle du retour à la table des négociations du SNPL, ne s’était soldée par aucune avancée. Son compte rendu fut même l’objet d’une nouvelle passe d’armes entre syndicats et direction, cette dernière reprochant aux premiers d’avoir rompu l’accord de confidentialité. Ce qui a conduit la direction des ressources humaines à adresser mardi à tous les pilotes son propre compte rendu.

Dans ce courrier, la direction rappelle les principaux objectifs du plan Perform 2020. A savoir le maintien de l’offre long et moyen-courrier d’Air France en l’état à l’été 2016, le retour à la croissance à partir de 2017, la réception d’un premier Boeing 787 aux couleurs d’Air France en novembre 2016 et la poursuite des investissements pour la montée en gamme. La direction réitère également son engagement de ne pas procéder à des licenciements secs et fait même miroiter, en cas d’accord, une reprise des embauches de pilotes chez Air France, à l’issue du plan d’économies, fin 2017.

La menace du plan d’attrition

En revanche, la direction d’Air France reste ferme sur ses exigences. A savoir l’alignement des coûts à l’heure de vol, hors charges sociales, sur la moyenne d’un panel de dix compagnies traditionnelles européennes, dont British Airways et Lufthansa. Ce qui passerait par une baisse de 17 % de coût à l’heure de vol des pilotes. Soit les – 10 % réclamés dans le cadre du plan Perform, auxquels s’ajoute le solde de 7 % non réalisés du précédent plan Transform. Cet effort équivaudrait pour un pilote à effectuer 4 ou 5 vols transatlantiques supplémentaires à rémunération égale.

La direction reste ferme sur ses positions

Faute de quoi, l’unique alternative serait une réduction de 10 % de l’offre , avec le retrait d’au moins une dizaine d’avions long-courriers. Et d’inévitables licenciements secs dans toutes les catégories de personnels. L’arrivée annoncée du directeur adjoint du cabinet de Manuel Valls, Gilles Gateau, au poste de DRH d’Air France, en janvier prochain, ne devrait rien changer à la sévérité de ce plan B.

@BrunoTrevidic

Source : lesechos.fr

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