Lufthansa se scinde en deux pôles, un premium et un low cost

Le groupe Lufthansa mettra en place une nouvelle organisation le 1 er  janvier 2016. Le pôle low cost Eurowings fera jeu égal avec le pôle premium.

L’année 2016 sera celle du nouveau grand virage stratégique pour Lufthansa. Après des années difficiles, marquées par une succession de plans d’économies et des milliers de suppressions de postes, le leader européen du transport aérien – qui vise 1,5 milliard d’euros de bénéfices cette année – a dévoilé une nouvelle organisation. Effective à compter du 1er janvier 2016, elle prend pour la première fois ses distances avec le modèle traditionnel des grandes compagnies européennes, centrées sur leurs hubs internationaux, Francfort et Munich pour Lufthansa.

Deux piliers pour le groupe

Au lieu de cela, le groupe allemand s’appuiera à l’avenir sur deux piliers : un pôle premium avec l’offre long-courrier classique de Lufthansa, Austrian et Swiss ; et un pôle low cost, sous la marque ombrelle Eurowings. Celui-ci regroupera les lignes intérieures et européennes de Germanwings, les futures bases low cost européennes et la nouvelle filiale low cost long-courrier , dont les premiers vols décolleront le 25 octobre vers Dubaï, la Thaïlande et Cuba.

IAG avec Vueling et Air France-KLM avec Transavia se sont déjà dotés de solides filiales low cost. Mais c’est la première fois qu’un grand acteur traditionnel met, dans son organisation interne, le low cost sur un pied d’égalité avec l’activité de hub traditionnelle. Chacun de ses deux pôles aura sa propre équipe de direction, emmenée par Harry Homeister pour le pôle premium (également appelé « hub management ») et Karl Ulrich Garnadt pour le pôle Eurowings. Le tout sous la supervision du PDG, Carsten Spohr.

« Devenir le numéro trois européen du low cost »

« Lufthansa continuera à se développer, mais le plus gros de la croissance se fera avec Eurowings, explique Steffen Weinstok, le directeur France de Lufthansa. Nous souhaitons devenir, d’ici de deux à trois ans, le numéro trois européen du low cost, avec une flotte d’environ une centaine d’appareils au total. » A l’instar du pôle premium, la marque Eurowings regroupera plusieurs « plates-formes de production » aux statuts différents. Si l’ex-Germanwings conserve la responsabilité du marché allemand, la première base d’Eurowings hors d’Allemagne, à Vienne, sera opérée par une filiale d’Austrian, tandis que les vols low cost long-courriers seront réalisés par une coentreprise avec Turkish Airlines.

De quoi éviter tout risque de contagion du modèle social de Lufthansa sur les filiales low cost. Les pilotes de Lufthansa ne s’y sont d’ailleurs pas trompés, eux qui ont enchaîné pas moins de 13 mouvements de grève en un peu plus d’un an. Sans pour autant parvenir à faire dévier d’un centimètre la stratégie du groupe.

@BrunoTrevidic

Source : lesechos.fr

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