Jean-Paul Nana Sandjo, le patron de Camair-co, sur un siège éjectable

Alors que la compagnie camerounaise Camair-Co enchaîne les déboires, son directeur général résistera-t-il mieux que ses prédécesseurs ?

C’est peu dire que l’actuel patron de la compagnie aérienne camerounaise Camair-Co est sous pression. Jean-Paul Nana Sandjo a passé la première semaine de septembre à Yaoundé à faire la navette entre la présidence, la primature et différentes administrations impliquées dans le transport aérien, tout en répondant aux questions venues de Baden-Baden, en Allemagne, où séjourne le président Paul Biya.

Quant aux passagers, las d’attendre un hypothétique avion et surtout privés d’informations, ils ont exprimé leur mécontentement dans la rue. Des pneus ont flambé le 7 septembre devant la porte close de l’agence Camair-Co de Yaoundé.

La raison ? Le moteur du Dja, le Boeing 767 desservant Paris, est tombé subitement en panne le 30 août (il devait subir une révision fin octobre). Mauvaise nouvelle en cette période de fin de vacances, alors que la compagnie ne compte que trois avions.

L’un des deux Boeing 737 assurant les liaisons régionales et domestiques est alors dérouté sur cette ligne mais, à son atterrissage dans la capitale française, l’un des fournisseurs de la Camair-Co fait saisir l’appareil pour factures impayées, ruinant le plan B de la compagnie. Celle-ci a fini par trouver deux Airbus A330 pour résorber la crise.

La Camair-Co a déjà épuisé trois directeurs généraux en quatre années d’existence

Jean-Paul Nana Sandjo, électromécanicien de 56 ans formé à la défunte Camair, est conscient d’être assis sur un siège éjectable. La Camair-Co a déjà épuisé trois directeurs généraux en quatre années d’existence. « On accepte ce poste en sachant qu’on partira un jour. En attendant, je fais du mieux que je peux », lâche le directeur, connu de ses compatriotes comme l’époux de la célèbre musicienne Grace Decca.

Il bénéficie encore du soutien d’Édouard Akame Mfoumou, un ponte du régime et actuel président du conseil d’administration de la compagnie. Et si le pilote Biya venait à presser le bouton, il s’en retournerait gérer GNS International, un cabinet d’études et de conseil sur l’aviation basé aux États-Unis et qu’il a fondé il y a vingt-cinq ans.

Source : jeuneafrique.com

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