Quand les pilotes de KLM donnent l’exemple à leurs collègues d’Air France

Steven Verhagen, secrétaire général du syndicat de pilotes VNV. - VNV
Steven Verhagen, secrétaire général du syndicat de pilotes VNV. - VNV

Le patron du VNV, le syndicat des pilotes de KLM, s’étonne de l’impasse dans les négociations chez Air France.

Gel de salaire, recul de l’âge du départ à la retraite, augmentation du nombre d’heures de vol : les pilotes de KLM ont finalement donné leur accord sur toute la ligne à la refonte en profondeur de leurs conditions de travail concoctée par la direction de la compagnie néerlandaise, filiale du groupe Air France-KLM. « Cet accord qui participe au redressement de l’entreprise et à sa continuité, est dans l’intérêt des pilotes de KLM », s’est félicité Steven Verhagen, secrétaire général du syndicat de pilotes VNV.

La « pilule » a pourtant eu du mal à passer. « Des discussions marathons ont eu lieu ces dernières semaines », confirme le représentant du VNV. Mal accueilli par la « base », l’accord de principe – dont les grandes lignes avaient été dévoilées en juillet – ne s’est en effet concrétisé que mercredi soir tard, après plusieurs réunions infructueuses les jours précédents.

Cure d’austérité

La convention collective qui en découle entérine une cure d’austérité pour les 2.800 pilotes de la compagnie néerlandaise au cours des trois prochaines années. Elle est censée faire économiser à la compagnie 100 millions d’euros par an en salaires. Sans compter le cash flow que l’entreprise va dégager du non-paiement de cotisations retraite sur deux ans. L’âge de la cessation d’activité est en effet repoussé à 58 ans, contre 56 ans aujourd’hui.

Seule contrepartie obtenue en échange par les pilotes néerlandais : une représentation au conseil de surveillance d’Air France. « Les conditions de travail vont se durcir pour les pilotes du fait de mesures visant à augmenter la productivité », résume le dirigeant syndical. La tournure positive de ces négociations sociales qui se sont déroulées sur près d’un an sans être jamais émaillées de grèves, a été plusieurs fois saluée par la direction d’Air France aux prises avec des syndicats de pilotes moins conciliants.

« Aller de l’avant »

Pourtant, ce serrage de vis augure une période de vaches maigres. « Vu l’environnement hostile et le très haut niveau de concurrence dans le secteur aérien, ce premier pas n’est sûrement pas le dernier pour préparer l’avenir de l’entreprise », anticipe le représentant des pilotes de KLM. Dans ces conditions, l’immobilisme dans les négociations du côté d’Air France préoccupe les Néerlandais. Les représentants de VNV, qui doivent prochainement se rendre en France pour faire part des modalités de la nouvelle convention collective à leurs homologues d’Air France, entendent les convaincre de « bouger pour aller de l’avant ».

« Alors que le plan Transform 2015 doit être bouclé, c’est aujourd’hui le statu quo et l’impasse au sein d’Air France pour décider des économies à faire », s’étonne Steven Verhagen. Car pour le patron du syndicat de pilotes néerlandais, « le redressement du groupe implique que les pilotes, comme les personnels de cabine ou au sol, les fournisseurs et les actionnaires, s’engagent à faire des efforts ». Un discours que Frédéric Gagey, le PDG d’Air France, rêve sans doute d’entendre de la bouche des dirigeants du SNPL, le principal syndicat de pilotes de la compagnie en difficultés.

DIDIER BURG / CORRESPONDANT À AMSTERDAM

Source : lesechos.fr

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