Camair-Co : la direction promet un retour à la normale le 10 septembre

Les locaux de Camair-Co à Yaoundé ont été attaqués par des passagers mécontents des annulations de vols. C'est l’indisponibilité d'un Boeing assurant les vols long courrier de la compagnie camerounaise, en période d’affluence record, qui est à l’origine de la crise.

Des pneus flambent et une fumée noire attire des passants interloqués. L’agence de Yaoundé de la Cameroon Airlines Corporation (Camair-Co) a vécu un spectacle inhabituel le 07 septembre. Des passagers mécontents de l’absence de vols en direction de Paris ont tenu à exprimer leur courroux devant la porte close. « Nous nous sommes résolus à fermer ce bureau il y a plus de deux semaines à la demande des policiers, car les passagers se montraient particulièrement agressifs », déplore Jean-Paul Nana Sandjo, le directeur général de la compagnie joint le 08 septembre par Jeune Afrique. Le dirigeant évoque une « crise qui survient au mauvais moment » pour caractériser la situation dans laquelle se trouve « l’étoile du Cameroun ».

Avec une conjonction de facteurs. L’appareil phare de la compagnie, le Boeing 767-300 ER, baptisé Le Dja, qui assure les vols long courrier, est en effet bloqué depuis plusieurs jours à Perpignan (dans le sud de la France) dans l’attente du remplacement d’un moteur défaillant. L’indisponibilité se produit alors que la compagnie, qui dessert une quinzaine d’escales, fait face à une affluence importante en cette période de vacances.

La structure actuelle de la flotte constitue le nœud du problème selon le directeur général

Pélerinage

Dans le même temps, les deux autres avions composant sa flotte, des Boeings 737-700 acquis en leasing, sont réquisitionnés depuis quelques jours au transport des 4500 pèlerins camerounais se rendant à la Mecque. Comble de malchance, l’un des appareils entre en maintenance alors que les rotations ne sont pas achevées. « Nous avons loué deux Airbus A330, dont l’un est arrivé hier soir [le 07 septembre, ndlr] à Douala avec des passagers bloqués à Paris et repart ce jour avec les voyageurs de Douala et de Yaoundé. L’autre se chargera d’achever les rotations du Hadj qui prennent théoriquement fin le 10 septembre », dépeint Jean-Paul Nana Sandjo qui assure qu’un retour à la normale sera effectif à cette même date, avec la reprise des activités du Dja. Bien que récurrentes, les annulations de vols n’avaient jamais atteint cette ampleur. « La structure actuelle de la flotte constitue le nœud du problème.

Argent indisponible

« Lorsqu’un appareil est indisponible, nous n’avons pas de solution localement. Il faut trouver des avions disponibles, négocier et assurer les diligences. Cela prend malheureusement un certain temps durant lequel on ne peut donner la bonne information au public », reconnait le patron camerounais. Pour financer son plan de relance de 30 milliards de F Cfa, un pool bancaire conduit par Ecobank a pourtant prêté 25 milliards de F Cfa le 16 juin à l’Etat camerounais, l’objectif étant entre autres d’acheter neuf appareils. « Si cet argent avait été mis à notre disposition depuis cette date, ce qui est arrivé ne se serait pas produit. Car la priorité est d’acquérir un avion capable de suppléer Le Dja en cas de difficulté », affirme Jean-Paul Nana Sandjo. Selon une source proche du dossier, les banques attendent que l’Etat matérialise sa garantie pour débloquer les fonds. Ce qui, semble-t-il ne saurait tarder.

Omer Mbadi

Source : Jeune Afrique

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