La colère des clients de Camair-Co

Des centaines de passagers exaspérés par le report incessant de leurs voyages ont manifesté lundi matin. Un vol spécial leur a été promis.

Demain, demain, demain, encore et toujours demain ! La rengaine qui dure depuis le 25 août dernier a fini par agacer les centaines de Camerounais et expatriés disposant de billets d’avion Camair-Co, à destination de Paris. Pour la seconde fois, après mardi dernier, ils ont manifesté leur ras-le-bol hier matin devant l’agence de Yaoundé, qui n’a pas ouvert ce lundi. Vers 10h, sans doute pour attirer davantage l’attention, ces passagers exaspérés ont fini par mettre le feu à trois pneus de voiture, à l’entrée du bâtiment. La grosse fumée noire qui s’y dégageait était visible à de centaines de mètres. Sans compter le gros bouchon qui s’est créé à ce carrefour baptisé «Camair». Par dizaines, des équipes de police se sont dirigés vers l’agence. Les hommes en tenue ont rapidement maitrisé les flammes, mais pas la colère des manifestants. En hurlant, calmement ou carrément en larmes, chacun a essayé de narrer sa galère au commissaire divisionnaire Chetima Malla, en charge de la sécurité. Ils se sont rapidement retournés vers Bienvenu Abena, adjoint au sous-préfet de Yaoundé 1er, qui a également accouru pour calmer les esprits.

« Je dors dans le froid de l’aéroport depuis une semaine. Mon employeur à qui je fais suivre les sms de reports de Camair-Co en a eu marre et m’a renvoyé. Qui va assumer ce licenciement ? », demande une dame en larmes au sous-préfet. Certains parlent de leurs médicaments épuisés depuis des jours, de leurs rendez-vous médicaux annulés et de leur santé menacée. D’autres évoques leurs papiers expirés qu’ils devraient reconduire, etc. Seul face à tous, Bienvenu Abena est difficilement arrivé à se faire entendre.

Après plusieurs apartés avec les patrons de la police, l’on a vu le sous-préfet plusieurs fois accroché à son téléphone portable. Peu après 12h, il reviendra auprès des manifestants avec un bonne nouvelle : « Je viens d’avoir le DG de Camair-Co au téléphone, il assure qu’il y a un vol spécial qui viendra de Douala demain matin (aujourd’hui, Ndlr) et repartira pour Paris à 12h. Vous devez donc être tous à Nsimalen avant 10h pour les formalités de départ ». Beaucoup étaient sceptiques, indiquant que c’est un air de déjà entendu. Mais parmi eux, certains avouent également avoir eu le chef d’escale en ligne, qui confirme l’information. Sauf que le vol spécial annoncé ne compte que 165 places…

Félicité BAHANE N.

Source : cameroon-tribune.cm

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