Arrêt des opérations de Korongo : une décision définitive

Attendue le 4 septembre, la reprise des vols de la filiale de Brussels Airlines n'est plus intervenue suite à la grave décision de l'assemblée générale de la compagnie aérienne de procéder à la dissolution de Korongo Airlines et à sa mise en liquidation judiciaire. Trois ans à peine après le début de ses opérations en RDC, l'aventure congolaise s'arrête définitivement.

Officiellement, les conditions d'exploitation en RDC "restent extrêmement dangereuses" et ne permettent plus à Korongo Airlines, le fruit d'une co-entreprise entre Brussels Airlines et la Multinationale belge Groupe Forrest International ainsi que quelques actionnaires congolais, de continuer à opérer dans le ciel congolais. Dès le début de ses activités en 2012, cette société a misé sur la qualité du service et la sécurité. "L'objectif de la compagnie aérienne était de fournir un service fiable, confortable et sûr, respectant toutes les normes internationales de l'aviation", peut-on lire dans le document sanctionnant l'assemblée générale. La filiale de Brussel Airlines n'a pas manqué l'occasion de rappeler la rigueur du contrôle technique de ses appareils. D'ailleurs, pour sa haute direction, jadis confiante en l'avenir du transport aérien en RDC, il était possible d'enlever de la liste noire les compagnies aériennes.

Aujourd'hui, certaines motivations ont contribué à cette décision d'arrêt. À l'origine, il y a cet accident survenu à l'aéroport de Bipemba, à Mbuji-Mayi. Il a conduit à la suspension des vols de son unique appareil. Une mesure de suspension renouvelée une fois, avant la tenue de la dernière assemblée générale. En effet, lors de cette importante réunion, plusieurs inquiétudes ont refait surface. Il y a l'arrivée du nouvel opérateur public et surtout les mesures arrêtées par le gouvernement qui "ne permettent pas à Korongo", explique l'assemblée générale, "de faire une concurrence dans un esprit de recherche de rentabilité". Korongo peinait déjà à se relever de l'endommagement de son unique appareil, un Boeing 737-300, le 19 août dernier.

Selon l'assemblée générale, l'accident au décollage de cet appareil prouve à suffisance "l'inadéquation de la piste de l'aéroport de Bipemba et la non-conformité des infrastructures aéroportuaires". Dès lors le sentiment d'échec commençait progressivement à prendre le dessus. Le 4 septembre, la compagnie Korongo a annoncé officiellement la fin des vols dans toutes ces destinations dont sa base de Lubumbashi et la capitale Kinshasa, Mubji-Mayi ainsi que Johanesbourg en Afrique du Sud. Ces vols locaux procuraient près de 70% de taux d'occupation, un niveau moyen élevé. "La société n'a pas atteint le seuil de rentabilité suffisant compte tenu d'un manque de masse critique", a précisé Brussels Airlines. Toutefois, Korongo a réussi à augmenter sensiblement le portefeuille de ses clients. Malgré tout, il était difficile de songer à un redressement de la compagnie "sans une collaboration étroite avec le gouvernement congolais et un investissement à la fois dans la flotte et dans le réseau". D'où la décision des actionnaires de procéder à sa liquidation judiciaire.

Aujourd'hui, Brussels Airlines s'est dit prêt à apporter son appui au lancement des opérations de la nouvelle société publique. À l'actif de la défunte compagnie Korongo Airlines, il y a, réitère l'assemblée générale, l'offre d'une véritable classe affaire, l'introduction du billet électronique dématérialisant les anciens billets papiers, l'introduction d'une structure tarifiaire flexible contrastant avec la politique mono tarifaire de la concurrence et la distribution des tarifs et des vols ainsi que  la collaboration récente avec Airtel Money permettant pour la première fois l'achat des billets par le biais de la téléphonie mobile.

Laurent Essolomwa

Source : adiac-congo.com

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