Sénégal : bras de fer entre Binladin Group et l’État autour de l’aéroport Blaise-Diagne

Chargé de la construction de l’aéroport international Blaise-Diagne (AIBD) situé à Diass, dans la région de Thiès, le groupe saoudien Saudi Binladin Group en a momentanément arrêté les travaux. En cause : un désaccord autour du montant d’un avenant au contrat.

Décidément, rien ne va plus à l’Aéroport international Blaise-Diagne de Diass (AIBD). Outre le départ annoncé du groupe allemand Fraport censé gérer le site, la construction de l’aéroport est elle aussi en difficulté : les travaux y sont quasiment à l’arrêt depuis un moment.

Ceci est dû au fait que la société saoudienne de construction Saudi Binladin Group (SBG) réclame à l’État du Sénégal un cinquième avenant d’un montant de 63,84 milliards de F CFA (97,32 millions d’euros) aux fins de l’exécution des travaux nécessaires pour la relocalisation de la population de l’ancien village de Mbadatt, situé dans le périmètre du site aéroportuaire. Le groupe de BTP exige aussi le versement de pénalités en raison de paiements en retard et de modifications de certaines dispositions du contrat.

Mise en demeure

De son côté, l’État du Sénégal, qui contrôle 100 % de l’AIBD depuis le rachat en 2007 des 55 % détenus par le secteur privé, rejette les demandes du groupe saoudien et estime que le montant de l’avenant se chiffre, en réalité, à 6,5 milliards de F CFA (9,97 millions d’euros).

« La direction de l’AIBD et son conseil d’administration sont très clairs, martèle Abou Lo, le président dudit conseil, dans un entretien accordé au quotidien sénégalais L’Enquête. Nous avons rejeté cette demande. Nous disons que tout ce qui a été réclamé par SBG n’est pas fondé. La faute leur incombe ». Pour Abou Lo, l’État du Sénégal ne doit que 131 millions de F CFA (200 000 euros) au groupe de BTP au titre des pénalités de retard en question.

Si, aux dernières nouvelles, des négociations entre les différents protagonistes ne sont pas exclues, l’État du Sénégal, qui assure avoir le droit de son côté, a adressé une mise en demeure au constructeur saoudien, l’enjoignant à reprendre les travaux sous peine de résiliation du contrat pour non-exécution.

Chantier

Un des grands chantiers lancés par l’ancien président sénégalais Abdoulaye Wade, l’aéroport international Blaise-Diagne, dont les premiers coups de pioche ont été donnés en décembre 2007, devrait disposer d’une capacité d’accueil initiale de 3 millions de passagers, pour un coût estimé à 400 milliards de F CFA (environ 600 millions d’euros).

Sa livraison, prévue initialement en 2012, a été reportée à plusieurs reprises.

Officiellement, le taux d’exécution des travaux tourne aujourd’hui autour de 85 %. Tout récemment, les services du ministère sénégalais du Transport aérien promettaient leur finalisation en juillet 2016. En l’état actuel des choses, on peut en douter.

Amadou Oury Diallo

Source : Jeune Afrique

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