Camair-co : Ces contrats qui handicapent toujours la compagnie

Lucienne Wouassi - africapresse.com
© La Nouvelle Expression

Signés sous la direction successive de Van Elk, Matthijs Boertien et Mbotto Edimo, ces contrats ont préparé l’entreprise à la défaillance.

«Chaque entreprise doit réviser ses contrats chaque année», explique Daniel Eyango, président du Syndicat des Travailleurs des Transporteurs Aériens. Pourtant, cette règle n’a pas été le cas pour la compagnie aérienne nationale pendant plusieurs années. Alors deux ans, C’est le temps qu’il a fallu,  pour les différents responsables sus évoqués, pour créer un flou dans la gestion des contrats dans la compagnie. Le passage de Van Elk, Matthijs Boertien sera sans révision des contrats et même Mbotto Edimo qui aura cette tâche  pour mission principale ne le fera pas.  D’ailleurs, dans une concertation présidée par le ministre délégué aux transports, Oumarou Mefire va relever que Camair-co est liée à, «150 contrats dont plus de 70 sont  fictifs». Parmi ces contrats, les plus acerbes sont ceux des aéronefs et des pilotes.  En effet, dès le lancement de la compagnie, les critères de recrutement fixés par le directeur général en la personne de Van Elk sont problématiques. En fait, le décret 2006/293 du 11 septembre 2006 créant Camair-co prévoit en son article 8, le recrutement prioritaire des agents de l’ex Camair. Pourtant, la réalité est tout autre. Contre toute attente, l’équipe conduite par Monsieur Alex Van Elk ne va recruter en partie que les nouveaux pilotes  sans la moindre expérience, soutiennent les syndicalistes de Camair-co. De même, les conditions sont montées de toutes pièces pour écarter les pilotes locaux. On notera entre autres, l’exigence exclusive de la licence Jar pour les pilotes, pourtant l’on sait que la quasi-totalité des pilotes Camerounais ont exercé avec une licence Camerounaise. De même, il est exigé une expérience de 6 mois, seulement la compagnie  est en arrêt de travail depuis 30 mois. Difficile donc pour les pilotes Camerounais d’avoir le profil requis, par conséquent ils sont naturellement écartés.  Et c’est grâce à la pression des syndicats, qu’un petit nombre d’anciens de Camair sont finalement recrutés. Sauf que la manœuvre ne fait que commencer. Alors que les pilotes immigrés  sont recrutés sans consultation de la tutelle, ceux-ci sont tout aussi inexpérimentés. Par conséquent, ils vont bénéficier des formations les qualifiants aux Boeing et ceci entièrement pris en charge par la compagnie nationale. Le cas de l’espagnol Eduardo Fairen Soria est assez indicatif. Sa qualification comme pilote de  Boeing  767-300 va coûter près de 18 millions  à la compagnie.

618.420 Fcfa de surplus par pilote immigré

La marge salariale entre les deux catégories, pilotes locaux et immigrés est aussi  surprenante. Peut-être compréhensible dans ce cas sauf qu’un tour sur les contrats des pilotes immigrés proprement dit,  laisse transparaître une marge assez scandaleuse. En effet, pendant qu’un commandant de bord instructeur de nationalité Camerounaise gagne autour de 2 500 000Fcfa, ceux immigrés fournis par la société Parc Aviation Limited ont respectivement 5. 248.000 Fcfa pour le commandant de bord instructeur, le commandement de bord encadreur en vol  perçoit quant à lui 4. 920. 000 Fcfa. 4.592.000 Fcfa et 2.296.000 Fcfa, respectivement pour le commandant de bord et le copilote. Des montants qui connaissent 618.420 Fcfa de surplus. Ce qui veut dire concrètement que pendant près de trois ans, la compagnie a  déboursé ce surplus pour les 14 pilotes immigrés  que compte la Compagnie. Ce qui fait près de 333.946800 Fcfa  perdu pendant  toutes ces années. Ces contrats jugés inopportuns et coûteux par le Stta,  restent un poids lourd sur le fonctionnement de la compagnie aujourd’hui, apprend-on.  Des malversations qui se sont déroulées, pourtant les activités de la compagnie étaient sous la supervision d’un directeur des affaires juridiques en la personne de Francis Ekomey, manifestement intouchable à ce jour. La nouvelle direction a tout le mal du monde à démanteler ce réseau très solidement ancré. Parce qu'il ressemble à une bombe à fragmentation. Mais selon des informations introduites, les syndicats n'entendent pas lâcher prise. Et envisage-même d'ester en justice. Des rebondissements en perspective.

Source : La Nouvelle Expression : Lucienne Wouassi

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Commentaires : 2
  • #1

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